Automatic Logistic, l’automatisation à l’oeuvre.

De la PME au CAC40, toute entreprise commerciale est concernée par l’unitaire. Fondement du retail, il
reste cependant le parent pauvre de l’industrie et de la supply chain. En cause : l’ethnocentrisme, avance
Jacques Planet, responsable des ventes chez Automatic Logistic, concepteur de solutions d’automatisation
de la préparation de commandes à l’unité.

À chaque fois qu’il faut piocher dans une boîte, ouvrir un carton parce qu’on
ne veut que quelques pièces, on entre dans le cadre d’une commande à
l’unité. Mais il faut prendre le mot « commande » au sens le plus large. Il n’est
en effet pas toujours question d’une transaction commerciale. Il peut tout aussi
bien s’agir d’une commande interne : prendre un outillage pour une machine,
changer de mèche, etc. c’est aussi de l’unitaire. L’implication de l’unitaire est
ainsi incroyablement vaste et pour mener à bien une préparation de commande
à l’unité, il n’y a que deux options : soit c’est la main, soit c’est la machine qui
opère. Alors que les jeunes sociétés vont se concentrer sur leur croissance à
travers la gestion de l’offre et le marketing, elles vont rapidement se confronter
à une limite opérationnelle de par l’augmentation du volume d’activité
souvent accompagnée d’un élargissement de leur gamme. Les entreprises plus
matures font quant à elles preuve de pragmatisme et recherchent davantage
la performance et la productivité. Certaines (pure players), font donc appel à
des entreprises de sous-traitance pour la préparation de commandes unitaires,
avec, pour ces dernières, des contrats dont la durée relativement courte ne leur
permet pas d’investir dans de l’équipement et traitent donc tout manuellement
pour plus de flexibilité. Pour les autres (click and mortar), elles recherchent
constamment à améliorer leur outil et notamment le plus chronophage : la
préparation de commandes à l’unité.

Ethnocentrisme
« Les gens du monde de l’industrie et de la supply chain vivent au quotidien ce
problème mais cherchent une solution dans leur environnement professionnel.
Or, nous venons d’un autre univers, celui du commerce. Parce que l’unitaire, ce
n’est pas le monde de l’industrie, c’est le monde du retail. Pour eux, nous sommes
donc de parfaits inconnus. Le problème est là : ils ne cherchent pas la solution où
ils devraient. » Qu’ont donc les solutions industrielles existantes qui ne va pas ?
De grandes difficultés à proposer une offre rentable rapidement et adaptable
facilement sur l’activité très spécifique qu’est le traitement des commandes à
l’unité. « Ce sont des solutions industrielles que l’on essaie d’adapter au monde de
l’unitaire. Or, le problème de ce type de solutions est la productivité dégagée. Leur
principal défaut : elles ne réussissent pas à améliorer nettement le chiffre d’affaires
par salarié », explique Jacques Planet. « Dans les drives, on a assisté à un échec
d’expériences menées à partir de solutions industrielles. Il y a certes eu un gain en
termes de confort de travail, mais toujours avec le même ratio chiffre d’affaires par
salarié. Donc un double financement au final : des machines et des salariés. Ceci sans
prendre en compte l’inélasticité opérationnelle, c’est-à-dire la perte de productivité
dans la préparation de commandes liée à l’accroissement du nombre d’employés ou
même de l’augmentation de l’offre (nombre de références au catalogue) lors d’une
croissance de chiffre d’affaires. »

La France, pionnière ?
Automatiser la préparation de commandes à l’unité : les bénéfices, multiples, font consensus.
Parmi eux, entre autres : le Gain de temps (un robot va bien plus vite qu’un homme), la Sécurité
(un robot ne va pas se tromper et donc permettre de supprimer le risque d’erreur humaine),
la Traçabilité parfaite et l’Image de marque. La gamme de systèmes, robots et automates,
développée par Automatic Logistic, filiale du groupe SAPF, convient aussi bien à la logistique
qu’à l’industrie, au e-commerce qu’à tout type d’organisation click-and-collect. Quant à savoir à
quel moment l’automatisation du processus de préparation de commande unitaire est justifiée,
Jacques Planet évoque le franchissement du seuil des 600 à 800 références commercialisées.
L’adaptation de la solution se fait ensuite au cas par cas. « Quelle est la meilleure solution pour
prendre le produit, le déplacer, le mettre en stock, puis préparer la commande unitairement et
la convoyer à un rythme soutenu ? C’est une configuration qui doit être étudiée pour chaque
package : taille, poids, texture, volume… La validation par l’audit est fondamentale. Une
entreprise qui fait peu de commandes avec beaucoup de produits, ce n’est pas la même chose
qu’une entreprise qui fait beaucoup de commandes avec peu de produits. Les flux ne sont pas
les mêmes. » En matière d’automatisation, la France n’est pas plus en retard que ses voisins
européens. La masse salariale représentant un coût substantiel dans le traitement d’une tâche
sans valeur ajoutée pousse les entreprises européennes à être particulièrement actives dans la
recherche de solutions. Les États-Unis, à l’inverse, avec une masse salariale clairement moins
chère, ont très peu investi dans l’automatisation. « Le problème du prélèvement unitaire
est le petit caillou qui grossit dans la chaussure de toute entreprise », insiste Jacques Planet.
D’où l’intérêt de se tourner vers d’autres mondes que ceux de la logistique et de l’industrie, à
commencer par celui du retail, qui « savent ce que c’est que l’unitaire ».
Une solution d’avenir pour le e-commerce ?
Jusqu’à présent, malgré la valeur boursière de certaines entreprises de e-commerce, très
peu obtiennent un résultat opérationnel positif… L’automatisation de la préparation de
commande à l’unité fera-t-elle les beaux jours du e-commerce ? « À moyen terme, oui »,
analyse Jacques Planet. L’émergence de nouveaux modes de consommation et de distribution,
e-commerce en tête, a donné lieu à de nouvelles tendances : plus de magasins de proximité,
le drive qui se développe, des commandes de plus en plus fragmentées, moins importantes,
et des besoins de livraisons plus fréquents (issus de la gestion en Juste À Temps ou en flux
tendus). Cela induit une accélération des flux et un besoin croissant en réactivité, mais aussi
des problématiques nouvelles pour l’entreprise : recherche d’un concept global de la réception
à l’expédition (en passant par le stockage et la préparation de commandes, très chronophages),
réduction du cycle de préparation, amélioration de la qualité, de la sécurité et de la traçabilité,
impact sur la pénibilité et l’ergonomie de travail. « Seulement, pour faire face à ces évolutions
du marché, les entreprises doivent intégrer le fait que nous ne sommes plus dans un schéma
de consommation de masse de produits standardisés, mais passés à l’ère de la consommation
de produits éphémères ou personnalisés », souligne Jacques Planet. « Il faut en conséquence
adapter la gestion de la supply chain. Or la seule réponse viable à ces problématiques
grandissantes, c’est le passage à l’automatisation de la préparation de commandes de produits
à l’unité. »

Dates clés
• 1999 : Naissance MEKAPHARM : Automate version 1
• 2001 : Convoyage intelligent SMARTDRIVE®
• 2003 : Automate version 2
• 2005 : Robot version 1 – Automate version 3
• 2009 : Robot version 2
• 2010 : 230 millions de boîtes/an préparées par nos systèmes
• 2013 : Création du 1er établissement 100 % robotisé CAP DEPO (27) -
Développement de notre WMS
• 2014 : Commercialisation du trieur ultra-rapide
• 2015 : Diversification avec AUTOMATIC LOGISTIC
• 2017 : 1200 systèmes installés en France et dans le monde - Commercialisation
de la solution complémentaire « Pick To Light »
• 2018 : Robot version 3 : jusqu’à 5 m de hauteur et manipulation par un seul robot
de produits pesants de 2 gr à 20 kg – 2ème génération du trieur