Mécanique de précision… numérique

Savoir appliquer la transition numérique aux différents processus de l’entreprise : c’est la condition à laquelle devra impérativement satisfaire l’industrie du futur. norelem France, expert de la mécanique de précision depuis 1943, l’a bien compris. Le point avec Russell Kelly, son directeur général.

norelem a la mécanique de précision dans les gênes. À sa création en 1943, elle se lance sur le marché de la sous-traitance automobile en mécanique de précision, soit le montage des outillages. Observer et conserver un degré de précision absolu du début à la fin d’un processus, sont des qualités qu’elle maîtrise. S’y ajoutent rapidement la production d’outils et l’usinage de pièces, des composants pour les petites machines et des ensembles d’automatisation simples. Son catalogue s’étoffe de jour en jour et comprend désormais plus de 50000 composants standards. Aujourd’hui, norelem décline trois types d’activités : des projets de développement d’outillage pour des donneurs d’ordre, de la vente de composants techniques nécessitant accompagnement et conseil, enfin de la vente en ligne d’éléments standard simples, à des fins de réapprovisionnement essentiellement. « Quand je suis arrivé à la tête de norelem en 1991, se souvient Russell Kelly, notre métier s’adressait aux secteurs de l’armement, à l’aéronautique ou encore à l’automobile. Nous  travaillions également avec l’Éducation Nationale pour enseigner notre profession, qui est un métier de grande précision. » Ses clients aujourd’hui vont d’Airbus à tous les sous-traitants industriels, en passant par les acteurs de l’automobile ou du secteur médical, les exploitants agricoles, les artisans, les services généraux, les orthodontistes, les cabinets d’ophtalmologie, et même une fois, un chalutier qui avait besoin d’un bouchon pour son réservoir de kérosène. Les références proposées dans son catalogue peuvent en effet être utilisées pour différents types d’applications dans des domaines d’activité on ne peut plus variés.

Artisanat Industriel 4.0 – Numérique et sportif

Près de trois décennies plus tard, norelem s’est complètement transformée pour devenir une société de services, s’adaptant à une clientèle qui elle-même évoluait – et évolue encore - rapidement et laissait entendre de nouveaux besoins. « Le facteur déclenchant l’achat n’est plus le prix, mais les services proposés aux clients, analyse Russell Kelly, à savoir la rapidité de réponse, le délai de livraison et des produits qui correspondent parfaitement à leurs problématiques. Nous continuons donc à exercer notre métier de mécanicien, mais en utilisant les techniques aujourd’hui incontournables pour vivre dans le monde d’Amazon, si l’on peut dire, sans délaisser le bien-être et la détente (grâce à des séances de sport et détente dans l’entreprise). Notre objectif : passer à un artisanat industriel 4.0. » norelem n’hésite pas à s’ériger en chef de file de l’Industrie du Futur. Au cours des dix dernières années, la société s’est largement digitalisée, non pour répondre à un phénomène de mode mais pour maintenir le contact avec ses clients et rester compétitive. « Les enjeux aujourd’hui, ce sont la digitalisation et les services. La vitesse d’exécution et la précision sont capitales. Porter 50000 pièces à la connaissance du public est un pari qui ne peut être remporté que de manière digitale. On fait un métier simple, mais on doit le faire bien tous les jours », explique Russell Kelly. Prochains défis: maintenir la qualité d’exécution actuelle, anticiper sur les services de demain et apporter toujours plus d’agilité et de connectivité. « La question à se poser est vraiment  celle de l’environnement du client ou la cliente. Comment va-t-il évoluer, avec quels prérequis ? Et de là anticiper et le suivre. » Toujours regarder devant donc, rester en éveil et à l’écoute de ce qui se fait et du devenir du client, pour être prêt le moment venu à prendre avec lui le virage qui s’impose. Et Russell Kelly de conclure : « Je suis arrivé en France dans les années 1960. On entendait souvent dire : impossible n’est pas français. Les Français ont perdu confiance en eux, mais les conditions commencent à être réunies pour regagner cette confiance. L’Allemagne a peut-être gagné la dernière guerre industrielle, mais n’est pas du tout sûre de remporter la prochaine. La France a énormément d’atouts pour se repositionner dans le peloton de tête. » Dont acte.

 

Bio express

Russell Kelly

Diplôme d’ingénieur de l’University College Dublin

MBA de l’University College Galway

Advanced diploma in Management Consulting à l’ESC Grenoble/Henley Management College

A travaillé 6 ans comme ingénieur en sucrerie de betterave en Irlande

10 ans d’ingénierie pharmaceutique jusqu’à la prise de la direction générale de production pour le groupe Servier en Irlande

Chef d’entreprise de norelem depuis 20 ans