Thierry Petit & David Dayan, fondateurs du site showroom privé.com

Le triomphe du e-commerce français !

 

Ne dit-on pas que les plus belles réussites entrepreneuriales se construisent souvent à deux ?

 

Preuve en est, en tout cas, avec la spectaculaire percée du site showroom privé, résultat de la conjugaison de deux énergies ayant pour noms David Dayan et Thierry Petit. La route et le destin de ce « briscard » de la fripe et de ce « fondu » du web se sont croisés et scellés voilà tout juste dix ans. Une modeste décennie néanmoins suffisante pour permettre à leur petite start-up spécialisée dans les ventes événementielles de fringues et d’accessoires de mode on line de croître et prospérer jusqu’à devenir le numéro 2 français du genre. Jusqu’à parvenir aussi, via le marché Euronext Paris, à se hisser au rang de société cotée en Bourse !

Propos recueillis par Philippe Dayan

showroom-prive

Informations Entreprise : Peut-on dire, pour l’un comme pour l’autre, qu’à l’instar d’Obélix avec la potion magique, le virus d’entreprendre vous a contaminé dès le plus jeune âge ?

David Dayan : En ce qui me concerne, j’ai des parents qui étaient tous les deux commerçants dans le textile. Donc, effectivement, tout comme Obélix, je suis tombé dans le monde du business et de l’entreprise quasiment à la naissance dans la mesure où je les entendais discuter à la maison de leur activité, des achats qu’ils avaient pu faire et du niveau des ventes. En fait, toute ma famille vivait au rythme des succès et des passes difficiles propres à cette activité entrepreneuriale. Au point qu’en ce qui me concerne, à peine je sortais de l’école que je me rendais directement, non pas à la maison, mais dans la boutique de vêtements de ma mère !

Thierry Petit : Pour ma part, cette envie d’entreprendre n’est pas venue de mes parents qui étaient ouvriers. Mais ce qui s’avère certain tient à ce que j’ai toujours voulu devenir entrepreneur par désir de faire ce qui me plaisait et d’avoir une prise sur les choses et les événements. J’ai donc suivi une école d’ingénieurs et, à la sortie, je me suis lancé immédiatement dans une première aventure d’entreprise. Je ne sais pas s’il s’agissait d’une réaction par rapport à ma famille, mais en tous les cas le fait de ne jamais opter pour la voie du salariat a toujours été pour moi une évidence.

IE : De quelle manière vos routes se sont-elles croisées ? Et quel a été le déclic qui vous a incité à vous associer dans l’aventure de showroom privé ?

DD : Je venais de l’univers du retail, de la mode et de la distribution et je n’avais, à vrai dire, pas du tout l’envie d’aller sur le web. En revanche, des amis à moi étaient assez connectés à l’univers d’Internet et au e-commerce. Alors que j’expliquais à l’un d’entre eux mes fortes réticences à emprunter cette voie du digital par rapport à mon métier, celui-ci m’a parlé de l’une de ses relations qui rentrait de voyage et qu’il tenait à me présenter. C’est de cette manière que j’ai rencontré Thierry pour la première fois, en 2006.

ThP : Effectivement, je rentrais tout juste d’un tour du monde de deux années et j’avais très envie de recréer quelque chose. Simplement, pour être franc, je n’avais pas trop d’idées. En sondant les fonds d’investissements pour voir s’il n’existait pas un projet intéressant à lancer et à développer, j’ai été mis en contact avec David. D’emblée, une complémentarité entre nous deux s’est imposée avec, chacun, des compétences fortes, dans un monde, le web, où il apparaît difficile pour une seule personne de pouvoir maîtriser tous les métiers.

IE : La France est considérée comme l’un des pays où les aides et les subventions en faveur des entreprises se dénombrent quasiment à la pelle. Mais dans votre cas, que ce soit à vos débuts ou, à partir de 2006 avec la mise en orbite de showroom privé, avez-vous bénéficié de ces mannes publiques ?

ThP : Nous nous sommes toujours débrouillés par nous-mêmes. En conséquence, pour être très clair, nous n’avons jamais cherché à bénéficier de ces aides. Cela dit, beaucoup de choses ont changé depuis dix ans dans le sens où, aujourd’hui, il est facile de créer une entreprise grâce à une incitation et des mécanismes financiers qui la favorisent. Il existe énormément d’incubateurs et nombre d’écoles incitent leurs élèves à prendre le chemin de l’entrepreneuriat. Pour le coup, il est devenu assez facile de se lancer. En revanche, le problème en France se pose avec l’étape suivante, celle du développement et de la manière de s’internationaliser. Or, s’il y a beaucoup de dispositifs fiscaux pour motiver les salariés, par contre, au niveau des fonds nécessaires à une entreprise pour se développer, il n’y a quasiment rien ! Toute la problématique actuellement est de savoir comment réussir la transformation de jeunes « pousses » en des géants mondiaux. C’est ce qui explique pourquoi notre pays compte très peu d’exemples parce que seul un nombre infime de fonds d’investissements acceptent de s’engager au-delà de dix millions d’euros. Pour notre part, nous n’avons pas eu ce besoin-là dans la mesure où David avait déjà la structure familiale sur laquelle nous adosser, même si bien sûr il nous a fallu la transformer.

DD : Effectivement, l’activité existait déjà puisque j’étais dans le déstockage de marques depuis quinze ans. Il faut dire que j’ai démarré dans la vie active à l’âge de dix-sept ans où j’ai rejoint l’affaire de mon père. Pour nous sourcer, je contactais les marques dans toute l’Europe, même si la France était notre principal fournisseur, auxquelles nous achetions leurs stocks d’invendus pour les revendre ensuite à des spécialistes du déstockage.

IE : Selon notre actuel ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, le statut d’entrepreneur ne couvrirait pas suffisamment les risques encourus. Quels moyens, selon vous, faudrait-il mettre en œuvre pour remédier à une telle carence ?

ThP : Force est de constater, lorsque l’on regarde les entrepreneurs, que 80% d’entre eux échouent. Le problème est que ces chefs d’entreprise ne bénéficient pratiquement d’aucune assurance, à commencer par la possibilité de bénéficier des droits au chômage. De ce fait, lorsqu’un créateur d’entreprise réussit, tout le monde applaudit. Mais s’il échoue, aucune forme de sécurisation ne sera là pour lui. Alors, même si pour entreprendre, il faut effectivement en assumer le risque, il serait cependant normal que ce risque soit valorisé. Or, malheureusement, est mise un peu trop souvent en perspective la réussite de certains entrepreneurs avec un regard en France, il faut le dire, limite jaloux alors que l’on oublie justement ces 80% qui, après avoir beaucoup investi en temps et en argent sans même se payer bien souvent, se retrouvent dans les pires difficultés financières. Alors, même si ce constat d’Emmanuel Macron a été extrêmement mal interprété, il n’en reflète pas moins une imparable réalité.

IE : Alors qu’il est beaucoup reproché au modèle entrepreneurial traditionnel français d’être extrêmement rigide et par trop pyramidal dans ses process de réunion, de décision et de management, on a pourtant la sensation qu’avec l’économie numérique, les mêmes travers se reproduisent dès que les start-ups deviennent de grosses structures. Vous-même, avec un effectif de plus de 800 collaborateurs aujourd’hui, connaissez-vous une telle dérive ?

ThP : Pour être très honnête, il s’agit-là d’un point qui nous préoccupe beaucoup en ce moment. En effet, notre entreprise a grandi très vite. À un moment donné, il nous a fallu la structurer avec des collaborateurs dont certains viennent parfois de grands groupes et qui peuvent alors reproduire certains de ces travers propres aux grosses entreprises traditionnelles. Nous essayons de nous montrer très vigilants, d’autant que nous sommes challenger sur notre créneau et que, dans ce cas, il nous faut forcément faire mieux en nous montrant plus malin, mais avec moins de moyens, que le leader. Si l’on trouve cette mentalité dans toutes les start-ups, la difficulté est de battre au quotidien contre ces risques de dérive pyramidale. Ce que nous nous escrimons à faire, même si cela n’est guère évident, parce que les gens ont besoin, à un moment donné, de structures. Il nous faut donc en édifier sans pour autant ralentir la machine.

DD : Nous voulons absolument garder le contact avec nos collaborateurs tout en structurant néanmoins suffisamment pour permettre à la société de se développer de manière adéquate. C’est ce double challenge qui constitue notre quotidien actuel !

IE : Au niveau justement de vos recrutements, en résonance avec un grand nombre d’entreprises du numérique, votre société est-elle du genre à ne faire appel qu’à des collaborateurs de moins de 40/45 ans parce que connectés et à l’aise avec les nouvelles technologies ou faites-vous appel également à des gens plus âgés, voire même à des seniors ?

ThP : Dans une affaire comme showroom-privé, il existe une pléthore de métiers. Il n’en demeure pas moins vrai que recruter une personne spécialisée dans les réseaux sociaux de plus de trente ans relève du non-sens parce que ce n’est tout simplement pas sa culture. Embaucher quelqu’un en technologie mobile, laquelle n’existe que depuis quatre ou cinq ans, âgé de plus de trente ans, n’aurait pas davantage de sens. Donc forcément, sur ces métiers-là, existe une sorte d’évidence générationnelle. Par contre, pour d’autres métiers en place depuis longtemps et nécessitant des savoir-faire, nous avons besoin de gens expérimentés. Et là, c’est une question davantage de personne que d’âge.

DD : Pour aller plus loin, nous cherchons aujourd’hui à recruter de la « seniorité » par rapport à des secteurs d’activité où, jusqu’à présent, se sont concentrés beaucoup de collaborateurs jeunes parce que, à l’instar de la plupart des start-ups, nous n’avions pas les moyens financiers suffisants pour recruter des cadres avec beaucoup d’expériences. Dernièrement, nous avons eu à recruter pour la partie Logistique et notre choix s’est porté sur une personne de plus de quarante ans parce qu’elle nous proposait une forte expertise du domaine absolument nécessaire pour les besoins du poste à pourvoir.

IE : Les problématiques de stress, de mal-être, voire dans les cas les plus extrêmes, de burn-out, se posent de manière croissante au sein des entreprises. Qu’en est-il chez showroom-privé ?

ThP : Pour l’instant, nous n’avons jamais eu ce type de cas à gérer. Après, par pragmatisme, nous essayons de rester proches de nos collaborateurs et d’identifier les points sur lesquels peuvent se greffer des problèmes. Lorsqu’il y a une forte croissance comme c’est notre cas, forcément des personnes pourront se sentir stressées. À nous de mettre en place l’organisation pour que tout se passe bien tant par rapport à ces personnes qu’au niveau de l’entreprise.

DD : Il est vrai que le web peut créer ce type de symptôme parce que l’on se trouve dans un univers en perpétuel mouvement 24h/24 où il nous faut répondre quasi instantanément. Nous sommes dans un métier d’événements tous les jours, ce qui implique forcément un état de tension. Comme nous vivons depuis le début une forte croissance, c’est à la fois enthousiasmant et énergisant, mais source en même temps de mobilisation permanente. Nous n’avons cependant quasiment de turn-over sur les métiers stratégiques. Par exemple, pour ce qui concerne les ingénieurs, nous n’en avons aucun !

IE : Fait plutôt rare dans l’univers de la vente on-line, votre entreprise a été rentable dès ses débuts. Quelles ont été vos armes différenciantes par rapport à  vos concurrents ?

ThP : Une approche assez technologique du métier avec la mise en place de nombreux indicateurs afin d’obtenir la meilleure précision possible. En outre, et contrairement à d’autres entreprises ayant pu lever beaucoup d’argent, le fait de s’autofinancer nous a incité à construire d’abord des bases très saines. Nous avons ensuite élaboré l’existentiel, c’est-à-dire aller dans des métiers où il y a de la marge et travailler à la fois l’exécution pour que les coûts soient les plus justes possible et la répétition de nos achats de manière à optimiser et, donc, réduire les coûts de marketing. Nous avons toujours eu en priorité ce souci de fidélisation et de satisfaction.

application showroomprive

IE : Aujourd’hui, les professionnels du marketing comme les marques de manière générale ne cessent de jurer par les réseaux sociaux et le phénomène de buzz qui en résulte. Comment un site comme showroom-privé les inclut-ils dans sa stratégie de marketing et de communication ?

DD : Déjà, un buzz ne s’invente pas ! Il y a, certes, des vendeurs de buzz, mais la réalité montre à chaque fois que les meilleurs « bourdonnements » sont ceux qui naissent spontanément parce qu’un produit ou un service est plébiscité. Pour notre part, nous envisageons le buzz davantage sous l’angle d’une caisse de résonance destinée à créer de l’engagement. Sur ce point, notre modèle en soi se révèle très viral puisque 60% des membres ou des acheteurs ont été invités. À partir du moment où un internaute éprouve de la satisfaction, il a envie que ses amis en profitent. Nous utilisons donc les réseaux sociaux surtout pour travailler encore plus cet engagement avec ses membres, les connaître davantage afin de mieux répondre à leurs besoins.

IE : Et pour ce qui se rapporte à l’e-réputation, comment la gérez-vous ?

ThP : Nous avons des équipes qui suivent en permanence ce qui se dit et s’échange sur les réseaux sociaux. Cela étant, il s’agit d’une question très compliquée parce qu’il y a un flux d’informations de plus en plus dense avec l’apparition de commentaires pouvant être le fait de concurrents. Nous avons donc installé des outils permettant de détecter des choses dites sur notre site afin de pouvoir alors y répondre sur la base de traitements personnalisés. L’idée est d’apporter une réponse suffisamment pertinente pour ne pas laisser ce « bruit » se propager à tort et à travers.

IE : En novembre 2014, vous aviez lancé Smart promo, une application destinée à simplifier le couponing web-to-store en supprimant l’obligation d’imprimer un coupon de réduction ainsi que la nécessité pour les magasins d’être équipés d’un dispositif pour les prendre en compte. Un peu plus d’un an après sa mise en place, quel bilan en faites-vous ?

ThP : Smart promo consiste en une application dédiée qui a été développée à côté de notre plate-forme. En effet, nous nous étions rendu compte qu’il y avait une forte demande des marques dans la mesure où elles peuvent ainsi obtenir du trafic sans avoir l’obligation de complexifier le réseau de distribution en devant former tous leurs vendeurs, mais sans pour autant fausser leurs caisses parce que, du coup, il n’y avait pas de transfert d’argent à effectuer. Si une telle application apparaît particulièrement intéressante pour des opérations de promotion dans les magasins, pour nous, en revanche, il était compliqué de la dissocier. D’où notre décision de déployer dorénavant un dispositif baptisé Shop It ! en lieu et place de Smart promo, avec intégration de tous les services que nous proposons. L’idée consiste à offrir ainsi à nos membres la possibilité de bénéficier de réductions sur des services et des produits à travers deux offres : « Shop It ! Pocket » et « Shop It ! Coupon ». La première propose des réductions exclusives à valoir dans les magasins. Une fois l’achat effectué, le consommateur peut en toute discrétion flasher son ticket de caisse via l’application Showroomprivé et se voir rembourser le montant de la réduction. La seconde offre permet d’acheter un bon d’achat sur notre plate-forme ouvrant droit à des avantages sur le site de la marque concernée ou en magasins.

IE : Showroom-privé a été le premier marchand du top 10 des sites e-commerce français à mettre en place le paiement par bitcoin. Or, au début de cette année, Mike Hearn, ancien de Google qui avait quitté le géant du web pour ne plus se consacrer qu’au développement de cette monnaie virtuelle a annoncé sa mort prochaine en estimant que, je cite, « le bitcoin est sur le point de techniquement s’écrouler ». Qu’en pensez-vous ?

ThP : Ce qui est intéressant dans le bitcoin repose sur un algorithme sous-jacent de chaîne permettant d’assurer une sécurisation assez forte. Cela ne va pas s’écrouler pour la simple et bonne raison qu’il y a un grand nombre d’investissements effectués sur cet algorithme en mesure de pouvoir remplacer plein de métiers. C’est en tout cas l’une des thèses défendues par les Libertariens de la Silicon Valley. Pour notre part, nous avons lancé le bitcoin plutôt comme un challenge pour nos équipes d’ingénieurs afin de les motiver et de les garder toujours à l’affût. Cela nous intéressait également de toucher à un domaine aussi complexe que celui-là. Après, nous nous sommes débarrassés des deux problématiques liées au bitcoin : celle touchant à l’anonymat de manière à ce que chaque commande soit reliée à une adresse et, surtout, celle ayant trait à son caractère de volatilité. Laquelle ne nous importe pas puisque nous travaillons sur la base d’un système permettant de changer instantanément les bitcoins en euros. À partir de là, il s’est avéré très facile pour nous d’en accepter. En outre, il ne représente pour nous qu’une part très modeste. Maintenant, je ne suis pas absolument persuadé que Mike Hearn, qui est tout de même un adepte de la théorie du Block chain, ait vraiment prophétisé la mort prochaine du bitcoin de manière aussi péremptoire …

IE : Quelle place occupe le mobile dans votre stratégie de développement ?

DD : Le mobile représente actuellement plus que la plate-forme elle-même, soit quasiment 70% du trafic. L’outil de prédilection des shoppeuses est désormais le mobile. Nous y travaillons donc beaucoup et avons été les premiers à nous y intéresser et à l’inclure dans notre déploiement. On dit souvent que le mobile se révèle un véritable tsunami en matière d’e-commerce parce qu’il permet d’être très proche de nos membres. Il y a une pléthore de choses à y amener et, d’ailleurs, nous développons plusieurs applications en lien avec le mobile. Nous organisons également de plus en plus d’événements en avant-première sur le mobile. Les marques en raffolent ! Nous avons ainsi orchestré avec la marque The Kooples une vente en avant-première uniquement réservée aux membres ayant téléchargé l’application et cela a remporté un très vif succès.

IE : Où en êtes-vous sur le plan de votre stratégie de déploiement à l’international ? Et quelle part celui-ci représente-t-il dans votre chiffre d’affaires ?

ThP : En 2014, nous étions à 15% du chiffre d’affaires réalisé à l’international. Mais il connaît une forte croissance. Pour nous, l’international est important à deux endroits. D’abord parce que les marques sont globales, notamment dans la mode qui est notre fer de lance entre la France, l’Espagne et l’Italie où se localisent 90% des marques de mode les plus désirables. Ensuite, au niveau des consommateurs du fait que l’e-commerce représente encore très peu dans ces pays : 7% des ventes en ligne pour la France, 3% en Espagne, 2% en Italie. Nous croyons donc beaucoup au potentiel on-line de ces territoires et, plus généralement, de l’Europe. En revanche, nous n’avons, du moins pour l’heure, aucune velléité de conquête outre-Atlantique.

IE : En juin 2015, vous avez inauguré votre incubateur Look Forward. Quel en est le concept et le principe de fonctionnement ?

ThP : Le concept est d’accueillir des jeunes start-ups se situant à la croisée de la mode et de l’innovation dans leur façon de produire et de consommer ce type de biens. Ce qui nous motive avec cet incubateur est de mettre en orchestration ces start-ups avec notre entreprise en faisant jouer des synergies à la fois pour aider celles-ci à grandir et pour essayer de conserver une agilité au sein de notre structure. Je trouve intéressant que les collaborateurs de Showroomprivé soient ainsi confrontés à des start-ups qui, n’ayant pas de moyens, doivent donc créer et produire rapidement. C’est également le moyen pour nous d’avoir des innovations à proposer à des marques. Actuellement, Look Forward compte huit start-ups. L’une d’elles a gagné un prix au dernier salon de Las Vegas. Une autre a levé récemment 500 000 euros auprès du fonds d’investissements ISAI. De surcroît, ces jeunes « pousses » bénéficient de crédits d’heures pouvant être utilisés au sein de showroomprivé pouvant, par exemple, prendre la forme d’informations sur tel ou tel marché, de mise en relation ou de contact avec une marque.

IE : Vous avez lancé en octobre 2015 votre première collection propre « IRL ». Quel en est la ligne directrice ?  Qu’espérez-vous apporter de plus par rapport à toutes les marques diffusées sur votre site ?

DD : Parce que nous comptons des membres majoritairement féminins qui viennent très régulièrement sur le site pour voir les articles proposés, nous nous sommes alors dit qu’il serait judicieux de concevoir une offre répondant complètement à leurs attentes grâce à toute la data dont nous disposons et nous permettant de savoir ce qu’attendent nos membres. Du coup, cette marque propre nous donne la possibilité de profiter de toute cette donnée et d’aller voir des fabricants avec lesquels nous travaillons pour façonner une collection idéale. Le démarrage est prometteur, l’objectif étant de répondre avec la marque du site à une dimension sociétale correspondant aux besoins et aspirations des femmes au quotidien. Nous avons commencé avec une collection complète de prêt-à-porter, puis nous avons mis en place un petit segment pour les fêtes de Noël et là, nous venons de réaliser une collection sur le mariage. Nous essayons d’élaborer des thèmes et nous y mettons des moyens en recrutant des collaborateurs venant de l’univers de la fabrication. Mais sans pour autant faire de la concurrence aux marques avec lesquelles nous travaillons.

IE : Toujours à propos de cette collection propre, vous en aviez présenté le concept élaboré à partir des données récoltées auprès de vos quelques 2,5 millions de clients actifs. Cela signifie-t-il pour showprivé, l’avenir de son CRM sera big data ou ne sera pas ?

ThP : Au-delà de showroom-privé, il nous faut prendre en considération deux tendances de fond. D’une part, l’utilisation de la donnée à des fins de personnalisation. D’autre part, lorsque l’on regarde les nouvelles générations qui représentent les futurs consommateurs, à la différence des générations antérieures qui n’aiment guère partager et donner, celles-ci apparaissent totalement décomplexées sur ce point. Depuis l’enfance, elles ont pris l’habitude de tout partager, ce qui fait qu’il y a un foisonnement de données brassées et d’endroits où on peut les recueillir. Nous sommes, de ce fait, convaincus que la donnée jouera un rôle fondamental dans tous les métiers. Pour notre part, nous utilisons beaucoup la donnée de façon analytique afin de suivre les différents métiers à piloter. Mais nous commençons aussi à le faire de manière prédictive pour, par exemple, construire une collection, anticiper des besoins de consommateurs, etc. Nous travaillons également ces données avec nos marques partenaires pour détecter différents types de comportements par rapport à celles-ci dans le but de leur fournir des enseignements. En effet, même une marque ayant plusieurs centaines de magasins connaît souvent très mal ses clients d’un point de vue analytique. En cela, ces données représentent une richesse en valeur ajoutée que nous fournissons volontiers à nos marques.

IE : Vous avez également mis en orbite Infinity, un système d’abonnement annuel à des livraisons illimitées. Un service que vous a inspiré l’abonnement Premium d’Amazon ?

DD : Il est certain que nous avons regardé du côté de ce qui se pratique sur le web. De toute façon, le but est de toujours proposer à nos membres ce qu’il y a de mieux pour qu’ils aient plus de facilité au niveau de la livraison et les inciter ainsi à acheter davantage sur notre site et de les fidéliser. C’est un principe qui, chez Amazon, fonctionne très bien et qui, chez nous, prend une excellente tournure.

vente en ligne tendance mode

IE : Vous demeurez encore très concentré sur votre cœur de cible initial qu’est la femme. Mais au regard d’une concurrence qui se fait de plus en plus rude, ne finirez-vous par venir à une diversification de votre offre ?

DD : Notre chance tient à ce que la femme représente 80 à 90% des dépenses effectuées sur notre site. En cela, nous ne nous étions pas trompés sur le plan de notre positionnement. Nous pensons aussi qu’il vaut mieux avoir une offre très claire sur la femme avec des propositions fortes de mode. Ce qui ne nous a pas empêché de diversifier les gammes avec des articles pour l’enfant et pour la maison, ainsi que des cosmétiques, mais toujours en conservant ce focus sur les attentes des femmes afin de ne pas perturber le message. Ce qui est d’autant plus fort en terme de résonance lorsque nous faisons de la communication. En tout état de cause, il est très compliqué de se trouver sur plusieurs cibles et, à part de très gros acteurs du web comme Amazon qui peuvent se le permettre, il nous apparaît périlleux de nous y risquer.

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IE : Après une cession de capital effectuée en mars 2015 valorisant showroom privé à 625 millions d’euros, votre entreprise est entrée en bourse sur le marché Euronext Paris le 30 octobre de la même année avec une augmentation de capital de 50 millions d’euros et une cession de titres existants de 176 millions d’euros par vous deux ainsi que le fonds américain Accel, soit 35% du capital. Quels objectifs comptez-vous mettre en œuvre avec cette IPO ?

ThP : Après dix ans d’existence, l’idée de recourir à une IPO nous est apparue comme une voie intéressante pour offrir à notre entreprise une multitude d’opportunités de développement, que ce soit de manière géographique ou verticale. Qu’en outre, celle-ci nous conférerait un statut en mesure de nous donner une meilleure visibilité dans un monde devenu, aujourd’hui, global. Sans oublier le fait que d’avoir un papier coté nous permettrait plus aisément de procéder à d’éventuelles acquisitions et de rendre actionnaires tous nos salariés ayant plus d’un an d’ancienneté pour les fidéliser. C’est donc sur la base de ces objectifs que nous avons voulu nous introduire sur le marché boursier dans le sens où, lorsqu’une entreprise est cotée, il y a une transparence par rapport à un univers du e-commerce où tout le monde annonce des chiffres non publiés officiellement. Et huit mois plus tard, une telle transparence nous apparaît très positive, en particulier dans nos relations avec les grands groupes qui, depuis que notre entreprise est cotée,  nous accordent désormais plus de confiance. Ce qui nous ouvre, par là-même, un grand nombre de portes.

IE : Cette IPO vous a aussi permis d’accueillir un actionnaire de poids, le Chinois Vipshop Holdings, leader mondial de la vente privée côté à New York et dont la capitalisation boursière dépasse les 10 milliards de dollars. Comptez-vous mettre en place des synergies commerciales entre vos deux entités ?

DD : Cela faisait un moment que nous étions en relation avec Vipshop. Et l’introduction en bourse a été l’occasion d’opérer un rapprochement via son entrée dans notre capital. Nous avons plusieurs projets ensemble, mais nous n’en sommes encore qu’au début. Mais on peut d’ores et déjà imaginer plusieurs choses comme l’importation de produits de Chine en France et, inversement, de produits que nous pourrions diffuser là-bas. Vipshop nous a choisi après avoir fait le tour des e-commerçants européens dans le but de développer des liens véritables. Ce qui l’a amené à prendre l’engagement de ne pas procéder à d’autres acquisitions de sites d’e-commerce en Europe pendant une longue durée. Nous sommes encore en phase de discussion, mais il est clair que Vipshop a des réelles envies de s’étendre en Europe à travers showroom-privé.

IE : Toujours concernant cette introduction en bourse, la plus importante de l’économie numérique depuis celle de seloger.com en 2006, Emmanuel Macron, notre ministre de l’économie, avait fait tout spécialement le déplacement afin de soutenir, dixit, « un bel exemple d’entrepreneuriat à la française ». En dehors de l’effervescence médiatique provoquée, une telle présence était-elle importante pour vous ?

ThP : Nous la considérons comme une forme de reconnaissance officielle du travail que nous effectuons depuis une décennie. Donc, effectivement, la présence d’Emmanuel Macron nous a infiniment touchés sur le plan émotionnel.

IE : En décembre dernier et à l’issue de six années de procédure enclenchée à la suite de votre plainte déposée contre vente-privée.com, le TGI de Paris vous a donné raison en invalidant cette marque déposée en 2009 en estimant que lui adjoindre le suffixe « .com » indiquait seulement que le service était offert en ligne et ne suffisait pas à faire de vente-privée.com une marque. Depuis, cette entreprise a fait appel tout en déplorant que par cette action, « ses rivaux veulent tuer le père ». Un père à l’écrasante suprématie avec son 1,3 milliard de CA. Qu’en pensez-vous ?

ThP : Il nous paraît nécessaire de remettre cette affaire dans son réel contexte. En fait, nous n’avons pas attaqué vente-privée, nous nous sommes défendus ! Il faut bien avoir en tête qu’à l’origine,  ce marché de la vente événementielle était très fragmenté, avec une pléthore d’acteurs parmi lesquels vente-privée. Puis, au fil des ans, le marché est devenu plus lisible avec celui-ci en position dominante et notre site en challenger. Du moins jusqu’en 2010, année où, de second rôle, nous sommes passés à celui de sérieuse menace lorsque le fonds américain Accel est entré dans notre capital. Il y a eu alors une forme de stress qui s’est installée avec, à la clé,  trois descentes d’huissiers dans nos locaux commandités par vente-privée pour engager une procédure totalement improbable. Nous avons alors décidé de réagir dans la mesure où, par rapport à un monde de concurrence, les consommateurs ont le droit de choisir. D’autant que la terminologie vente privée n’est rien d’autre qu’un nom commun. À partir de là, n’importe qui peut acheter un nom commun et l’utiliser. Il y avait donc une procédure abusive de la part d’un acteur en position dominante voulant empêcher ses concurrents d’utiliser les termes génériques propres à notre métier. Nous avons donc demandé à la justice deux choses simples. D’une part, la possibilité d’utiliser le mot générique de notre métier et de pouvoir communiquer avec, notamment sur Google parce que, enfin, même si le site vente privée a été le premier à l’utiliser en ligne, cette activité existait néanmoins bien avant ! D’autre part, une décision de l’Autorité de la Concurrence pour qu’il n’y ait plus ces contrats d’exclusivité exigés par vente-privée avec les marques. Dans une volonté de concurrence saine, le tribunal nous a accordé le droit d’utiliser cette appellation. Une décision qui nous semble juste et normale. Alors, lorsque j’entends que nous voulons « tuer le père » … Enfin, bref, nous ne désirons pas rentrer une fois encore dans ce genre de polémique parce que nous avons mieux à faire. Mais ce qui n’empêche pas de vouloir replacer le débat dans l’histoire d’une société, la nôtre, initialement de taille modeste, confrontée à un groupe ayant, ELLE, cherché à la tuer ! Donc, je le répète, avec ce procès, nous avons simplement voulu nous défendre.

IE : Thierry Petit, vous qui coiffez également la casquette de Vice-président de France Digitale, quelle réflexion vous inspire le projet de loi « République Numérique » ?

ThP : Avec France Digitale, nous nous battons d’abord et avant tout pour que l’écosystème numérique crée des champions du genre. Au sein de cette association, nous comptons des entrepreneurs et des investisseurs avec l’objectif de réfléchir sur les barrières qui empêchent de jeunes start-ups de pouvoir s’imposer et devenir de grands acteurs. Nous réfléchissons et débattons donc sur les barrières touchant à la fiscalité, à l’emploi, à la manière d’apprendre l’anglais. De ce fait, même si elle comporte un socle intéressant, cette loi sur « la République Numérique », par ses champs d’action, nous concerne un peu moins. Par contre, ce qui nous paraît actuellement important touche au dernier rapport qui a été débattu sur la taxation de l’économie de partage. Or, ledit rapport met en exergue toute une série de points techniquement impossibles à appliquer. Ce qui peut, du coup, limiter les plates-formes. Or, en France, nous sommes plutôt très bons sur ce chapitre de l’économie de partage tout simplement parce que nous avons déjà, à la base, un modèle social ouvert à cela. Or, ce genre de texte vient typiquement mettre des freins à une forme d’économie où nous sommes bons et que nous pourrions imposer à l’échelle internationale.

IE : On parle évidemment beaucoup de la tendance des grands acteurs du web à pratiquer à outrance l’optimisation fiscale. En tant que citoyens et entrepreneurs français ayant décidé de demeurer dans l’Hexagone, qu’en pensez-vous ?

ThP : Il s’agit d’un débat complexe ! Mais pour être très honnête, je ne trouve rien d’anormal à cette recherche d’optimisation fiscale dans la mesure où nous avons en toile de fond une Europe marquée par des disparités et une non-harmonie fiscale. Ces grands acteurs utilisent en conséquence des règles d’un jeu désaccordé sur le plan législatif. Maintenant, la loi ne rime pas forcément avec la morale. Et de ce point de vue-là, on peut effectivement s’interroger à propos de la sur-domination imposée par quelques grands groupes à un marché de plus en plus concentré autour d’un nombre réduit d’acteurs. Ce qui pose de vrais soucis d’équité globale au niveau de la concurrence. Le problème tient malheureusement à une Europe qui n’a jamais su s’adapter à la transformation numérique, à harmoniser l’ensemble des dispositifs et à se protéger.

IE : Vous avez été reçu en octobre dernier par le Président Hollande. Que vous a-t-il dit ? Et que lui avez-vous dit ?

DD : Évidemment, nous avons été ravis et fiers d’être reçus à l’Élysée. Mais au-delà de la symbolique imprégnant cette rencontre, le Président Hollande s’est montré très à l’écoute et a passé du temps pour entendre nos arguments et poser des questions par rapport à nos problématiques, de quelle manière il pourrait nous aider … Nous avons vraiment senti chez lui une volonté de faire. Il nous a également demandé qu’elles pourraient être, à notre sens, des choses faciles et rapides à mettre en place par l’État pour soutenir l’économie numérique. Je pense qu’il connaît de toute façon les réponses, en particulier celles ayant trait au Droit du travail puisqu’il nous a dit que lui et ses équipes y travaillaient (NDLR : en l’occurrence, le projet de loi El-Khomry). Après cette rencontre, ses conseillers nous ont d’ailleurs demandé de garder un lien. Du reste, ils nous ont fait parvenir des idées pour améliorer un certain nombre de choses afin de recueillir notre sentiment. Ensuite, au-delà de cette réelle volonté d’accomplir, il reste à espérer que cela pourra se concrétiser le plus rapidement possible. Lors de cette rencontre, le Président nous avait aussi promis de venir visiter notre entreprise, ce qu’il a effectivement fait le 29 février dernier.

 

Showroom-privé en 8 chiffres clés

  • 442,8 millions : c’est, en euros, le CA 2015 (soit + 26% par rapport à 2014)
  • 860 : le nombre de collaborateurs
  • 24,6  millions : le nombre d’usagers à travers la France (16,8 millions) et plusieurs pays d’Europe
  • 3 à 4,5 millions : le nombre de visiteurs uniques par mois
  • 2,9 millions : le nombre d’acheteurs en France
  • 10 millions : le nombre de commandes
  • 15 : le nombre de ventes présentes chaque jour sur le site
  • 1600 : le nombre de marques partenaires

 

Leurs 5 commandements de management

  • Pragmatisme
  • Résilience
  • Agilité
  • Faire plutôt que ne pas faire
  • Persévérance

 

Bio express

Thierry Petit

  • 1973 : Naissance à Nevers le 12 mai.
  • 1991 : Baccalauréat scientifique/Lycée Jules Renard à Nevers.
  • 1995 : Maîtrise de Physique Nucléaire/Université Blaise Pascal à Clermont Ferrand.
  • 1997 : Diplôme d’ingénieur télécom à Telecom Sud Paris-Evry.
  • 1997/1999 : Directeur de projet de l’agence Planète interactive, puis directeur marketing de la SSII Brainsoft.
  • 1999 : Création du premier comparateur de prix en France, Toobo.com.
  • 2000/2002 : Il revend Toobo.com en 2000 à Libertysurf et en devient le Directeur e-commerce.
  • 2002/2004 : Dirigeant du magazine Mouvement, revue spécialisée dans les arts vivants.
  • 2006 : Co-fonde, avec David Dayan, le site Showroomprive.com
  • 2014 : Devient en parallèle le vice-président de l’association France Digital.

 

David Dayan

  • 1973 : Naissance à Pantin le 18 mai.
  • 1990/1991 : Études jusqu’au baccalauréat.  
  • 1991/2006 : Travaille dans l’entreprise familiale spécialisée dans le commerce de gros d’habillement et de chaussures et le déstockage. Devient le gérant de différentes sociétés, dont France Export.
  • 2006 : Rencontre avec Thierry Petit et lancement du site showroomprive.com.

À noter : David Dayan et Thierry Petit se partagent les rôles de Président-Directeur Général et de Directeur Général délégué selon un mécanisme de présidence tournante tous les 2 ans.

 

Showroom-privé en 10 dates clés

 

  • 2006 : Lancement du site showroomprive.com avec pour objectif de réinventer la façon dont les femmes découvrent et achètent de nouveaux articles de mode en ligne.
  • Octobre 2007 : le site enregistre son 50 000 ème acheteur cumulé.
  • Novembre 2009 : le site dépasse le seuil des 3 millions de membres inscrits.
  • 2010 : Ouverture à l’international, avec la mise en orbite, en juillet, d’une filiale en Espagne. La même année, sont mises en place les fondations du groupe SRP comprenant la société Showroomprive.com et plusieurs autres sociétés détenues par la famille de David Dayan et par Thierry Petit. Le fonds de capital-risque américain Accel Partners, spécialisé dans les entreprises technologiques, acquiert 31,25% du capital de la société auprès de ses fondateurs.
  • 2011 : Implantation en Grande-Bretagne et en Italie. Lancement des premières applications mobiles pour iPhone, iPad et Androïd. Orchestration d’une première campagne publicitaire télévisée en France. Organisation des premières ventes de voyages, d’activités de loisirs, de petits équipements et de biens électroniques.
  • 2012 : Mise en œuvre de l’option de livraison en 24 heures « Demain chez vous ». Premières ventes de produits d’ameublement. Ouverture d’un site Internet aux Pays-Bas.
  •  2013 : Ouverture de sites Internet en Belgique, en Pologne et au Portugal.
  • 2014 : Conclusion d’un accord avec la société Dispeo afin d’externaliser une partie de la logistique en support de ses activités. La version britannique du site Internet devient accessible depuis plus de 160 pays.
  • 2015 : En mars et avril, des investisseurs individuels issus des pays du Golfe acquièrent environ 9,5% du capital social de la société auprès des fondateurs pour un montant total d’environ 59,5 millions d’euros. En juin, est mis en place l’incubateur « Look Forward ». En octobre, lancement de la première collection en propre sous la griffe « IRL » et introduction en Bourse sur le marché Euronext Paris.
  • 2016 :  Organisation (du 9 au 14 février) de la première édition des Prix Wearable, dans le cadre de la Semaine de l’Innovation en Mode Wearable, à la Gaîté Lyrique.

 

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