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Le temps retrouvé des pharmaciens grâce à la robotisation

il y a 18 minutes
5 min de lecture

Les pharmacies font face à une pression croissante. Nouvelles missions, manque de temps, tensions sur les stocks : le modèle officinal doit se réinventer rapidement. Avec 30 ans d’expertise, BD Rowa s’impose comme un acteur clé de cette mutation, en apportant des solutions concrètes pour libérer du temps et recentrer le pharmacien sur l’essentiel : le patient.


Informations Entreprise : Le modèle traditionnel de l’officine est-il aujourd’hui arrivé à saturation, et en quoi l’automatisation peut-elle constituer une réponse concrète à cette évolution du métier de pharmacien ?


Anthony Harchoux (National Sales Manager BD Rowa) : Aujourd’hui, les officines évoluent dans un contexte opérationnel de plus en plus exigeant. Le métier de pharmacien a profondément évolué en très peu de temps : au-delà de son rôle de professionnel de santé, il doit désormais gérer une activité de plus en plus complexe et polyvalente. Ce modèle arrive à un point où il doit impérativement s’adapter aux nouvelles attentes du secteur et des patients. Dans ce contexte, l’automatisation devient un levier concret pour libérer du temps.


Nous nous appuyons sur des données concrètes issues de plus de 15 000 robots installés en Europe. Elles montrent un gain de 33 % sur le temps de délivrance des médicaments et de 28 % sur la gestion des stocks. En moyenne, cela représente jusqu’à 6 heures gagnées par jour pour une officine. Ce temps est précieux : il est réinvesti dans le conseil, l’accompagnement et les missions à forte valeur ajoutée auprès des patients.


Comment expliquez-vous le retard de la France dans l’adoption des robots de stockage intelligent par rapport à d’autres marchés européens ?


Anthony Harchoux : Le retard observé en France s’explique en grande partie par son avance initiale. Le marché français a été précurseur dans l’automatisation des officines, à une époque où les automates représentaient la solution la plus aboutie technologiquement. Les grandes pharmacies se sont donc équipées très tôt avec ces systèmes. À l’inverse, d’autres pays européens sont arrivés plus tard sur ces enjeux, mais directement avec des technologies de robotisation plus avancées.


Aujourd’hui, nous assistons à un rattrapage rapide : les nouvelles installations sont majoritairement des robots, plus flexibles et performants. Cependant, de nombreux automates encore récents restent en place, ce qui ralentit mécaniquement la transition.


Comment expliquez-vous l’évolution récente du rôle du pharmacien, et en quoila question du temps est-elle devenue centrale face à ces nouvelles missions ?


Léah Cuzon (Cheffe de produit BD Rowa) : Les missions du pharmacien se diversifient progressivement, en réponse aux évolutions du système de santé. Face au manque de médecins généralistes et à la saturation des urgences, l’État délègue progressivement davantage de missions aux officines. La crise du Covid a joué un rôle d’accélérateur décisif : les pharmaciens ont démontré leur capacité à assurer des actes comme la vaccination ou les tests, en s’appuyant sur un maillage territorial unique avec près de 20 000 pharmacies. Depuis, cette dynamique s’inscrit dans la durée, avec un élargissement continu des missions. Mais en parallèle, les officines font face à une pénurie de personnel et à des contraintes économiques qui limitent leur capacité de recrutement. Nous sommes donc face à une équation complexe : plus de missions, plus d’attentes, mais moins de ressources. Le véritable enjeu devient alors la gestion du temps.


Les pharmaciens ont la compétence et la volonté, mais ils manquent de disponibilité. C’est précisément là que l’automatisation prend tout son sens.


Peut-on parler d’un changement durable du métier de pharmacien, et comment cette évolution se traduit elle concrètement auprès des nouvelles générations et des officines de toutes tailles ?


Anthony Harchoux : Nous assistons à un véritable changement structurel du métier de pharmacien d’officine. Aujourd’hui, le rôle évolue profondément vers celui d’un professionnel de santé pleinement engagé dans le parcours patient, et cela se ressent très clairement chez les nouvelles générations. Lors de nos échanges avec des étudiants en pharmacie, notamment en sixième année, nous constatons une réelle attractivité pour l’officine, précisément parce qu’elle permet d’exercer des missions à forte valeur médicale : conseil, accompagnement, prévention.


Ce qui est frappant, c’est que ces futurs pharmaciens considèrent désormais les outils d’automatisation comme indispensables à leur pratique. Là où, il y a quelques années, cela restait secondaire, ils estiment aujourd’hui ne pas pouvoir travailler efficacement sans robot. Par ailleurs, cette transformation ne concerne plus seulement les grandes officines : les petites et moyennes pharmacies deviennent elles aussi des acteurs clés, utilisant ces solutions comme un levier d’organisation pour se recentrer sur leur cœur de métier et répondre aux nouvelles attentes du système de santé.


En quoi l’expertise de BD Rowa, à la fois en officine et à l’hôpital, constitue-t-elle un atout pour accompagner l’évolution du parcours de soins ?


Anthony Harchoux : Chez BD Rowa, nous sommes pionniers de la robotisation officinale depuis plus de 30 ans, avec un ADN étroitement lié à celui du groupe Becton Dickinson. Notre mission est claire : accompagner les professionnels de santé pour leur permettre de se consacrer pleinement à leurs patients, partout et à chaque instant.


Cette expertise ne se limite pas à l’officine. Nous intervenons également à l’hôpital, notamment sur la sécurisation du circuit du médicament, avec des solutions de robotisation et des systèmes connectés comme les armoires sécurisées. Cela nous permet d’avoir une vision globale du parcours de soins, du laboratoire jusqu’au patient.


Notre singularité réside précisément dans cette capacité à faire le lien entre l’hôpital et la ville. En accompagnant les pharmaciens dans cette transformation, nous leur apportons non seulement une technologie, mais aussi une expertise issue de l’ensemble du système de santé.


La robotisation reste parfois perçue comme inaccessible pour certaines officines : comment accompagnez-vous les pharmaciens pour lever ces freins et rendre ces solutions plus accessibles ?


Anthony Harchoux : Notre objectif, chez BD Rowa, est clairement de démocratiser la robotisation en officine et de casser les idées reçues. Beaucoup de pharmaciens pensent encore que ces solutions sont réservées aux grandes structures ou qu’elles nécessitent des investissements et des espaces trop importants. Or, dans la réalité, nous constatons l’inverse. Grâce à des études personnalisées, nous sommes capables de proposer des solutions adaptées à toutes les tailles d’officine, en optimisant l’espace disponible et en démontrant un retour sur investissement pertinent, y compris pour les plus petites pharmacies.


Léah Cuzon : Notre rôle dépasse donc largement la simple vente d’un équipement : nous nous positionnons comme un véritable partenaire, avec une approche de conseil. Nous accompagnons les pharmaciens à chaque étape, de la conception du projet jusqu’à l’exploitation quotidienne du robot, sur toute sa durée de vie. Cette présence continue, assurée par des équipes internes, garantit un suivi de proximité et une adaptation constante aux besoins de l’officine. C’est d’ailleurs dans ce sens que nous venons de créer un nouveau poste : le customer care, dont le rôle est de veiller à l’utilisation optimale de nos solutions sur le terrain.


Avec la digitalisation des officines et des initiatives comme votre plateforme my- Rowa, quelle vision avez-vous de la pharmacie de demain ?


Léah Cuzon : La pharmacie de demain s’affirme de plus en plus comme un véritable relais de santé de proximité. Dans ce contexte, notre rôle est d’accompagner les pharmaciens en leur permettant de se libérer des contraintes administratives et de gestion, tout en leur garantissant une parfaite maîtrise de leur activité. Avec notre plateforme myRowa, nous franchissons une nouvelle étape : elle permet au pharmacien d’accéder à son stock en temps réel, où qu’il soit, directement depuis son smartphone. Nous parlons d’un “robot dans la poche”.


Anthony Harchoux : Au-delà du gain de temps, l’enjeu est aussi stratégique. Dans un contexte de pénuries croissantes, la disponibilité des médicaments devient un facteur clé de différenciation entre officines. Grâce à une meilleure visibilité et à des outils d’optimisation, le pharmacien peut anticiper ses besoins, collaborer avec ses confrères et sécuriser la délivrance pour ses patients. À terme, nous souhaitons aller encore plus loin avec des recommandations intelligentes pour faciliter la gestion et renforcer la qualité de service.


 
 
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