Hôpitaux pilotés par la donnée pour un système de soins plus fluide
- Charlotte Combet

- il y a 1 jour
- 4 min de lecture
La pression s’intensifie sur un système de santé fragilisé par le vieillissement de la population, la pénurie de soignants et l’explosion des maladies chroniques. Comment maintenir la qualité des soins alors que les établissements peinent à absorber la demande? Porté par une expertise européenne éprouvée, Dedalus apporte des réponses concrètes : outils numériques conçus avec les soignants, interopérabilité renforcée, pilotage hospitalier par la donnée et meilleure coordination entre ville et hôpital. Autant de leviers qui redessinent un écosystème plus efficace, plus fluide et résolument tourné vers la prévention.
Informations Entreprise : Quels sont aujourd’hui les grands défis auxquels les établissements de santé doivent faire face en France ?
Guillem Pelissier (Directeur général Dedalus France) : Les établissements de santé font aujourd’hui face à plusieurs défis majeurs. Le vieillissement de la population entraîne une hausse importante du recours aux soins, ce qui oblige les structures à augmenter leurs capacités et à investir pour développer de nouveaux services. Nous les accompagnons dans cette transformation, car la tendance générale est clairement à l’extension de l’offre de soins.
En parallèle, un déséquilibre se creuse : la demande augmente alors que les ressources humaines se raréfient. L’attractivité des métiers devient centrale, et le numérique joue un rôle clé pour améliorer l’ergonomie, la qualité de vie au travail et soutenir les équipes. À cela s’ajoutent les disparités territoriales, avec la montée des déserts médicaux, ainsi que des tensions financières fortes pour les établissements publics comme privés. Enfin, l’émergence des maladies chroniques impose de repenser durablement les parcours de soins.
Concrètement, comment le numérique peut-il renforcer l’attractivité des métiers de santé et améliorer le quotidien des soignants ?
L’attractivité des métiers de santé passe aujourd’hui largement par le numérique, qui devient un levier essentiel pour simplifier le quotidien des soignants. Nous observons une forte dynamique autour de l’ergonomie, de l’expérience utilisateur et de la numérisation des pratiques. Un exemple marquant est celui de la pathologie digitale, qui permet de numériser les lames analysées par les pathologistes afin de fluidifier les échanges et d’améliorer la collaboration médicale.
Au-delà de l’ergonomie, le numérique joue aussi un rôle déterminant dans l’assistance au diagnostic, l’accélération des comptes rendus et l’aide à la décision, notamment grâce à l’intelligence artificielle. La donnée de santé constitue un autre enjeu clé : elle soutient la valorisation des activités via le PMSI, optimise les recettes des établissements et accélère la recherche clinique. Enfin, face à l’essor des maladies chroniques, nous travaillons à fluidifier les parcours patients en facilitant les échanges entre professionnels, dans la continuité des politiques publiques comme le Ségur du numérique.
Sur le terrain, quels freins freinent encore l’adoption des solutions numériques par les établissements de santé ? Comment Dedalus travaille-t-il pour lever ces obstacles ?
Les principaux freins au développement du numérique en santé tiennent d’abord à l’adoption par les soignants. Si les solutions ne répondent pas précisément à leurs besoins, elles sont peu utilisées. C’est pourquoi nous privilégions la co-construction, en travaillant étroitement avec des clubs d’utilisateurs - infirmiers, médecins, radiologues, biologistes - dont les retours alimentent directement nos cycles de développement. La personnalisation est également essentielle, grâce notamment au low-code, qui permet aux établissements d’adapter les interfaces à leurs usages. Un autre frein majeur est l’interopérabilité : le système a longtemps reposé sur un patchwork d’outils incapables d’échanger efficacement entre eux.

Les politiques publiques, comme Mon Espace Santé, ont permis d’harmoniser les règles, et nous nous engageons à respecter ces standards. Enfin, la transition numérique impose une conduite du changement et une forte exigence de résilience technologique, qu’il s’agisse de garantir la disponibilité continue des solutions ou de résister aux cybermenaces.
Comment adaptez-vous vos solutions numériques au contexte réglementaire et culturel propre au marché français ?
En tant qu’acteur européen, nous observons une convergence des pratiques de soins, même si chaque pays conserve ses spécificités, qu’elles soient réglementaires, culturelles ou liées au financement. En France, nous intégrons pleinement ces particularités dans notre démarche. Cela passe d’abord par une compréhension fine des attentes fonctionnelles des établissements, mais aussi des exigences posées par le ministère de la Santé et la doctrine numérique nationale.

Nous travaillons étroitement avec les utilisateurs - soignants, patients, établissements - au sein de groupes dédiés, afin d’adapter nos solutions aux besoins du terrain. En parallèle, nous collaborons avec les instances publiques, comme la DNS ou l’ANS, pour respecter les standards de gestion et de protection des données. Enfin, un enjeu très spécifique au marché français est la souveraineté numérique. En tant qu’acteur européen, nous y répondons naturellement, et nous veillons à sélectionner des technologies compatibles avec cette exigence croissante.

Comment le numérique peut-il aider les hôpitaux à améliorer leur efficience et optimiser l’allocation de leurs ressources ?
Face aux tensions financières que connaissent les hôpitaux, l’enjeu majeur est désormais l’efficience. Il s’agit d’éviter les actes redondants et d’optimiser l’allocation des ressources pour répondre à la hausse du recours aux soins. La gestion des lits, des blocs opératoires ou encore des services hospitaliers nécessite aujourd’hui un pilotage précis, fondé sur la donnée.
C’est pourquoi de plus en plus d’établissements se tournent vers des solutions permettant un pilotage “tour de contrôle”, capable de suivre en temps réel les flux de patients, la disponibilité des équipes et l’usage des infrastructures. Nous accompagnons par exemple le CHRU de Nancy avec une solution qui optimise l’ensemble du parcours, des urgences au bloc opératoire jusqu’à l’hospitalisation. Ce modèle, déjà éprouvé à l’hôpital Gregorio Marañón de Madrid, suscite un intérêt croissant. Concrètement, il permet notamment d’améliorer le taux d’utilisation des blocs opératoires, un levier financier essentiel pour les établissements.
Comment le numérique peut-il contribuer à mieux gérer les maladies chroniques et à fluidifier les parcours patients ?
Nous évoluons désormais dans un système de santé où la gestion des maladies chroniques devient prioritaire. Pour rééquilibrer l’ensemble du dispositif, il est essentiel de réduire les hospitalisations non programmées et de renforcer la prévention, en maîtrisant mieux les parcours patients. C’est une préoccupation majeure de nos clients, car la continuité du suivi et l’anticipation des besoins constituent des leviers décisifs d’efficience.
Historiquement centrés sur l’accompagnement des services hospitaliers, nous intervenons aussi sur l’ensemble du parcours de soins. Cette position nous permet de faciliter la collaboration et la communication entre tous les professionnels, depuis l’hôpital jusqu’à la médecine de ville. Les politiques ambulatoires, l’hospitalisation à domicile et l’intégration numérique ville-hôpital sont autant d’enjeux sur lesquels nous allons intensifier notre travail. Notre rôle est d’aider les établissements à fluidifier ces échanges afin d’accompagner durablement les patients chroniques et d’alléger la pression sur les structures.



