top of page
Rechercher

L'ingénierie qui redessine le PC de demain

Le PC vit sa plus profonde mutation depuis deux décennies : l’intelligence artificielle bouleverse les usages, les rythmes de renouvellement et les attentes des entreprises, encore hésitantes à franchir le cap technologique. Derrière cette transition, une question s’impose : comment concevoir des machines capables d’accompagner durablement des professionnels en quête de performance, de sécurité et de sobriété environnementale ? Fort de trois décennies d’ingénierie et d’une culture d’innovation qui a régulièrement bousculé les standards du marché, ASUS entend apporter des réponses concrètes, du matériel « IA ready » aux approches de design centrées sur l’usage. Une stratégie qui place la marque au coeur des enjeux du PC de demain.


Informations Entreprise : Comment analysez-vous l’appétence des entreprises françaises pour les PC optimisés pour l’intelligence artificielle ?


Samira Bekhtaoui (Directrice ASUS Business) : Nous sommes véritablement entrés dans une nouvelle ère, celle de l’informatique augmentée par l’IA. Depuis plus de deux ans, ce sujet s’impose à la fois auprès du grand public et, de manière croissante, auprès des entreprises. La France fait d’ailleurs partie des pays les plus avancés en matière d’adoption d’outils génératifs, ce qui confirme l’intérêt du marché.


Chez ASUS, nous travaillons intensément sur ces technologies depuis deux ans et avons été les premiers, en 2024, à lancer un PC “IA ready”. Aujourd’hui, nous élargissons cette gamme afin d’accompagner les organisations dans cette transition. Les logiciels professionnels intègrent de plus en plus des fonctions IA et seuls les PC dotés d’une véritable puce dédiée peuvent en exploiter tout le potentiel. Nos études montrent que 50 % des PME anticipent un gain de productivité, et 72 % un avantage compétitif. L’intérêt est réel, même si nous ne sommes qu’au début du cycle d’adoption.


Quels sont, selon vous, les facteurs qui vont relancer le marché du PC professionnel dans les prochaines années ?


Après un net ralentissement observé dès la mi-2022 et jusqu’aux premiers mois de 2025, nous constatons aujourd’hui les premiers signes d’un redémarrage du marché. La reprise reste modérée, autour de 3 %, mais elle marque un tournant positif. Le principal moteur de ce mouvement est l’arrêt des mises à jour de sécurité de Windows 10, qui oblige les entreprises dont les parcs ne sont pas éligibles à Windows 11 à envisager un renouvellement. La France accuse un léger retard par rapport à ses voisins européens, où la dynamique est repartie depuis déjà deux trimestres, mais nous anticipons une accélération en 2026.


Un second phénomène structurel arrive à maturité : les PC acquis massivement durant la période Covid, souvent par défaut en raison des pénuries, atteignent leur fin de vie. Ces deux leviers vont nourrir un cycle de renouvellement auquel nous souhaitons associer des PC équipés de puces IA, plus durables et adaptés aux usages futurs.


Quels usages concrets de l’IA observez-vous aujourd’hui dans les petites et moyennes entreprises ?


Le PC IA a vocation à devenir un véritable assistant personnel autonome, pensé pour alléger le quotidien des utilisateurs en prenant en charge des tâches répétitives ou anticipables. Concrètement, il peut dès l’ouverture de la machine dresser un récapitulatif des rendez-vous et priorités du jour, un avantage réel pour les dirigeants de PME. L’IA permet aussi d’automatiser des travaux chronophages, comme la rédaction ou la synthèse de documents complexes, à l’image des appels d’offres traités par de nombreux cabinets juridiques.


Elle optimise également la recherche d’informations grâce à la recherche sémantique intégrée à Windows 11. En cybersécurité, les modèles détectent automatiquement les risques externes ou comportementaux, un soutien essentiel pour des entreprises dépourvues de DSI. Au fond, l’IA libère du temps, améliore la pertinence des actions et s’adresse à l’ensemble des collaborateurs - administratifs, équipes support, professions intellectuelles ou dirigeants - pour renforcer leur efficacité au quotidien.


Quels sont les premiers critères à prendre en compte lorsqu’une entreprise choisit de renouveler ses PC dans un contexte où l’IA devient incontournable ?


Dans ce nouveau contexte technologique, choisir un PC adapté à ses usages peut sembler anxiogène, tant l’IA ajoute une dimension technique supplémentaire. Notre rôle, chez ASUS, est justement de rendre cette offre lisible pour permettre aux décideurs de faire les bons choix. Le point de départ reste l’usage : un collaborateur essentiellement orienté bureautique aura besoin d’un PC léger, mobile et endurant, comme notre gamme ExpertBook, capable d’assurer plus de 25 heures d’autonomie.


La durabilité compte également : les professionnels en déplacement nécessitent un châssis renforcé répondant à des normes militaires. Enfin, la cybersécurité constitue une attente majeure. Nous intégrons des BIOS conformes aux standards NIST SP 800-155, des capteurs d’empreinte et des puces TPM 2.0 pour garantir un haut niveau de protection. Cette combinaison de mobilité, robustesse et sécurité forme la base indispensable avant même d’aborder les critères liés à l’IA.


Comment un décideur peut-il identifier un PC véritablement conçu pour l’intelligence artificielle et évaluer sa performance dans la durée ?


Lorsque l’on intègre l’IA au cœur du poste de travail, le choix du matériel doit évoluer. Un PC réellement pensé pour l’intelligence artificielle doit impérativement être équipé d’un NPU, cette puce dédiée au traitement neuronal. Alors que le CPU gère les fonctions classiques, le NPU accélère les calculs liés à l’apprentissage automatique.



Sa puissance, mesurée en TOPS, est devenue un indicateur clé : les premières générations tournaient autour de 40 TOPS, tandis que les modèles récents atteignent désormais 50 TOPS. Plus ce chiffre est élevé, plus l’appareil supportera durablement les futurs usages IA, ce qui est essentiel pour un dirigeant qui souhaite faire durer ses équipements six ou sept ans. Au-delà de la puissance brute, l’intérêt réside aussi dans les logiciels capables d’exploiter cette architecture. Nous intégrons par exemple ASUS Expert Meet, un outil gratuit de transcription, traduction, sous-titres ou réductions de bruit, directement embarqué dans nos PC IA.


En quoi l’histoire et l’ADN technologique d’ASUS influencent-ils votre approche de l’innovation pour les entreprises ?


ASUS est une entreprise dont l’ADN repose sur l’ingénierie et l’innovation. Fondée en 1989, nous avons bâti notre expertise sur les composants - cartes mères, cartes graphiques - un savoir-faire que nous maîtrisons depuis plus de trente ans. Cette maîtrise du coeur technologique du PC nous a naturellement conduits à développer nos propres ordinateurs portables dès 1997, puis à devenir leader en France, en Europe et parmi les premiers acteurs mondiaux sur le segment grand public.


Nous avons également créé Republic of Gamers (=ROG), devenue une référence pour les joueurs. En 2020, nous avons structuré notre activité B2B avec ASUS Business. Si je rappelle cette chronologie, c’est parce qu’elle illustre combien la conception fait partie intégrante de notre identité : nous ne nous contentons pas d’apposer un logo, nous concevons chaque détail. L’intégration du NumPad dans le touchpad, par exemple, répond directement aux besoins métiers des collaborateurs mobiles qui utilisent intensivement les chiffres, sans sacrifier mobilité et compacité.


Comment ASUS aborde-t-il la question de l’impact environnemental dans la conception, la production et l’usage quotidien de ses PC ?


Le sujet environnemental est complexe et nous tenons à l’aborder avec transparence : oui, notre industrie consomme du carbone. Nous fabriquons du matériel à partir de matières rares, nous exploitons des usines et nous transportons des produits à travers le monde. Toute la question est donc de savoir comment réduire cet impact au maximum. Chez ASUS, c’est une préoccupation quotidienne.


Nous optimisons la production grâce à des procédés moins énergivores - l’Expertbook B9, par exemple, nécessite 75 % de temps en moins sur la ligne de fabrication. Nous généralisons aussi l’usage de plastiques et métaux recyclés. Nos engagements suivent la démarche SBTi, avec pour objectif de réduire nos émissions d’au moins 50 % d’ici 2030 et d’atteindre 100 % d’énergies renouvelables en 2035. Nous travaillons également la réparabilité : toutes nos machines dépassent l’indice 9,5/10 grâce à la disponibilité des pièces et à une conception simplifiée pour prolonger leur durée de vie. Enfin, l’intégration du NPU améliore l’autonomie et réduit la consommation énergétique en usage quotidien.


Comment imaginez-vous l’évolution du PC professionnel dans les prochaines années, à l’heure où l’IA transforme les usages ?


À horizon trois à cinq ans, nous anticipons une évolution notable du PC professionnel. Les besoins fondamentaux - mobilité, finesse, autonomie - vont naturellement se renforcer, car l’ordinateur demeure avant tout un outil au service des collaborateurs. Mais l’innovation va surtout porter sur l’expérience d’usage. Avec l’essor de l’IA, nous imaginons des interactions plus naturelles, moins centrées sur le clavier et la souris, et davantage fondées sur la voix, la caméra ou des gestes.


L’utilisation conversationnelle de l’ordinateur va progressivement s’imposer, offrant une ergonomie plus fluide et plus intuitive. En parallèle, les données seront de plus en plus hébergées dans le cloud : le PC deviendra alors un pont, un hub sophistiqué chargé d’accéder à l’information, de l’analyser et de la restituer efficacement. Sa performance devra suivre ce mouvement, car il sera l’interface essentielle entre l’utilisateur et des environnements numériques toujours plus intelligents.


Comment ASUS conçoit-il les innovations qui façonneront le PC et les usages numériques de demain ?


Chez ASUS, le design thinking est une philosophie fondatrice : nous concevons toujours un produit en partant de l’usage réel. L’histoire de nos innovations l’illustre parfaitement. En 2010, avec le Transformer, nous avons imaginé un PC capable de devenir une tablette, anticipant l’essor du tactile et l’idée que les modes d’interaction allaient évoluer avec l’arrivée du smartphone et de l’iPad.

Deux ans plus tard, nous poussions plus loin encore l’interopérabilité avec le Padphone : un smartphone pouvant s’insérer dans une tablette, elle-même connectable à un clavier. L’utilisateur obtenait ainsi trois appareils en un, capables de s’adapter à chaque moment de la journée. Cette logique d’usage - commencer une tâche sur mobile, la poursuivre sur tablette, la finaliser sur PC - guide toujours notre réflexion. Ce que nous préparons pour demain s’inscrit dans cette même ambition : imaginer des équipements nativement pensés pour la continuité, la mobilité et l’évolution des pratiques.

 
 
bottom of page