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La fabrique des nouvelles énergies

Au coeur d’une transition énergétique vitale, Energiter consolide ses partenariats avec les collectivités et ses technologies dans le but d’optimiser la production d’électricité verte. Engagée dans l’agrivoltaïsme, le photovoltaïsme et l’éolien, l’entreprise illustre par son action l’ambition française de réconcilier croissance économique et durabilité environnementale.


Informations Entreprise : Pourriez-vous nous expliquer les impacts et les défis rencontrés suite à l’adoption de la loi d’accélération des projets en énergies renouvelables ?


Bertrand Badel (Directeur Développement d’Energiter) : Dans le cadre de mon activité de délégué régional Occitanie pour France renouvelables, nous avons récemment travaillé sur l’implémentation territoriale de cette loi. C’est donc en connaissance de cause que l’on peut affirmer qu’à ce stade, le bilan est plutôt mitigé, même s’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives.


Cependant, un aspect positif ressort clairement : la loi a stimulé une appropriation locale des enjeux liés aux énergies renouvelables. Les territoires ont commencé à s’impliquer activement. Cette implication locale permet de déplacer le débat, passant de la question de savoir si nous devons investir dans les énergies renouvelables à celle de comment nous allons atteindre et décliner les objectifs nationaux à l’échelle locale.

Malheureusement, l’adoption de cette loi a également révélé des difficultés typiques : la mise en oeuvre est complexe et laborieuse. Interroger toutes les communes de France en seulement six mois a été un défi majeur. De plus, bien que certaines communes avaient déjà des projets énergétiques, d’autres n’étaient pas du tout préparées, ce qui a nécessité une démarche pédagogique intense de la part des acteurs de la filière.


En conclusion, bien que la loi d’accélération ait créé un cadre pour une participation plus active des communes, l’efficacité en termes d’accélération des projets reste pour le moment inexistante. Actuellement, le développement d’un projet éolien ou solaire peut prendre entre cinq et dix ans, incluant la purge de tous les recours. La loi aide surtout à ne pas ralentir davantage les projets, plutôt qu’à les accélérer significativement. Malgré ces défis, c’est un pas dans la bonne direction pour une meilleure intégration des énergies renouvelables au niveau local.


I.E : Pouvez-vous nous décrire les principaux défis rencontrés par votre entreprise dans le développement de ses projets ?


Bertrand Badel : Les principaux défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui sont d’ordre technique et administratif, liés à un contexte économique global peu favorable. En effet, les fluctuations du marché, comme la hausse des taux d’intérêt et des prix des matières premières, affectent directement le coût des projets en énergies renouvelables, similaires à d’autres secteurs industriels.

Cela prend généralement entre 5 à 10 ans pour développer un projet, et les paramètres initiaux comme le coût d’une turbine ou d’un panneau solaire peuvent évoluer de manière significative durant cette période. De plus, les récents événements, tels que le conflit en Ukraine, ont provoqué une hausse sans précédent des prix de l’énergie, nous forçant à reconsidérer et parfois à redéfinir nos projets en cours. La gestion de ces fluctuations et la lourdeur administrative, où la France peine à offrir de la flexibilité, représentent un défi considérable pour nous. Chaque ajustement de projet exige de renégocier des dossiers longuement travaillés par les administrations, ajoutant une complexité supplémentaire à notre mission.


I.E : Dans cette logique d’innovation, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste l’agrivoltaïsme ?


Marko Ilicic (Écologue d’Energiter) : L’agrivoltaïsme représente une innovation récente d’une importance capitale pour notre secteur. Actuellement, chaque chambre d’agriculture en France est en train de rédiger un document cadre qui définira les règles pour intégrer l’agrivoltaïsme dans chaque département. Cette démarche, qui doit être achevée dans les neuf prochains mois, est cruciale pour le développement harmonieux de cette technologie.


Chez Energiter, nous avons pris l’initiative de développer une expertise interne dédiée à l’intersection de l’agriculture et de la production énergétique. L’objectif principal de l’agrivoltaïsme est de résoudre les potentiels conflits d’usage des terres, en conciliant les besoins agricoles avec ceux de la production d’électricité. Nous envisageons des solutions techniques qui privilégient le projet agricole avant même la production d’électricité, avec un accent particulier sur la pérennité des exploitations agricoles et l’installation de jeunes agriculteurs.

Notre approche se distingue nettement de certains de nos concurrents qui privilégient la quantité au détriment de la qualité. Nous cherchons à élaborer des projets qui seront défendables devant les chambres d’agriculture et les divers partenaires impliqués, assurant ainsi la durabilité et l’acceptabilité locale de nos initiatives.


I.E : Comment Energiter développe-t-elle ses relations avec les collectivités locales pour garantir le succès de ses projets ?


Bertrand Badel : Nous accordons une importance capitale à établir des partenariats privilégiés avec les municipalités, c’est inscrit dans l’ADN de notre entreprise. Nous avons développé une expertise poussée et nous nous efforçons de transmettre confiance et compétence dans nos interactions avec les collectivités.


Cela fait treize ans que notre société existe, et nos plus belles réussites se manifestent par les retours positifs de nos partenaires, à tous les stades de nos projets, depuis la prospection jusqu’à l’exploitation et même le renouvellement.


À titre d’exemple, une communauté de communes nous a récemment renouvelé sa confiance pour développer une centrale photovoltaïque flottante, après qu’Energiter ait développé avec succès un parc éolien sur ce territoire. Ce renouvellement de confiance est extrêmement gratifiant pour nos équipes et démontre l’efficacité de notre approche relationnelle, axée sur la collaboration locale et la participation active des communautés à nos projets.


I.E : Comment percevez-vous l’avenir ?


Bertrand Badel : Chez Energiter, nous envisageons l’avenir avec un optimisme résolu. Notre activité s’inscrit dans l’atteinte d’objectifs nationaux ambitieux pour le développement des énergies renouvelables et la production d’électricité décarbonée. Ces objectifs, soulignés par les projections des experts et gestionnaires de réseaux comme RTE, indiquent une demande croissante d’électricité.

Nous anticipons ainsi un accroissement significatif, voire une multiplication par deux, cinq, ou dix de nos installations selon les régions. Nous assistons à une électrification massive des usages, qu’il s’agisse de la mobilité électrique avec une augmentation du nombre de véhicules électriques, ou de l’utilisation accrue de dispositifs numériques comme les téléphones portables et les ordinateurs portables. Cela positionne notre secteur d’activité comme essentiel et stratégiquement vital.


Cependant, il est vrai que nous, comme l’ensemble de la filière solaire et éolienne, rencontrons des défis pour suivre le rythme imposé par ces objectifs ambitieux. Le gouvernement et les acteurs globaux tentent de lever ces obstacles, car la concurrence ne se situe pas uniquement au niveau national mais aussi sur un marché mondial des énergies renouvelables en pleine expansion. Pour répondre à ces enjeux, nous adaptons notre stratégie pour développer des projets dans des délais réduits. Nous cherchons à diversifier

nos axes de croissance. Cela inclut l’innovation dans les domaines comme l’hybridation et le stockage, ainsi que l’expansion à travers des partenariats stratégiques, tant au niveau local que national.

L’année 2023 a été significative pour nous en termes de développement de partenariats, et nous projetons pour 2024 et 2025 de renforcer notre ancrage local et la participation communautaire dans la valorisation de nos projets. C’est avec cet engagement que nous anticipons de contribuer activement à la transition énergétique.


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