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Des fenêtres conçues pour durer face au défi énergétique

  • il y a 3 heures
  • 5 min de lecture

Le neuf cale, la rénovation accélère. Or, fenêtres et portes pèsent lourd dans les pertes de chaleur d’un logement : encore faut-il choisir la bonne solution, entre contraintes locales, performance thermique et durabilité. Entreprise familiale depuis 1953, Pierret mise sur une offre multi-matériaux, un réseau de partenaires indépendants et un investissement industriel majeur pour répondre à ce virage énergétique.


Informations Entreprise : Dans un contexte de ralentissement du neuf et de hausse du coût de l’énergie, comment évolue aujourd’hui le marché de la menuiserie et quel rôle joue la rénovation énergétique dans cette transformation ?


Raphael Marchand (Directeur Marketing de Pierret) : Nous observons clairement une transformation du marché. La construction neuve ralentit alors que la rénovation progresse fortement, et chez Pierret cela se traduit très concrètement : environ 85 % de notre activité concerne aujourd’hui la rénovation, contre seulement 15 % pour le neuf. Ce positionnement est assumé, car nous sommes convaincus que l’avenir du marché passe par la réhabilitation du parc existant. Dans de nombreuses villes, il ne sera plus possible de construire autant qu’auparavant ; il faudra donc rénover intelligemment.


Cette rénovation doit être pensée de manière globale. Les ouvertures - fenêtres et portes - représentent entre 15 % et 30 % des pertes énergétiques d’un logement. Investir dans des menuiseries performantes permet donc de réduire significativement la facture énergétique.


Mais il y a aussi un enjeu de durabilité. Pour nous, l’empreinte carbone d’une fenêtre ne se mesure pas seulement à sa fabrication, mais à sa durée de vie. Concevoir des produits capables de durer plusieurs décennies permet de limiter les remplacements et donc l’impact environnemental global du bâtiment.


Quels sont les critères techniques qui déterminent la performance thermique d’une fenêtre dans un bâtiment ?


La performance thermique d’une fenêtre ne dépend jamais d’un seul élément. Elle doit toujours être analysée dans son contexte : la région, l’orientation du bâtiment, l’épaisseur des murs, la dimension des ouvertures ou encore la taille des baies vitrées. Dans notre métier, nous expliquons souvent que cette performance repose sur trois piliers fondamentaux.


Le premier concerne la capacité isolante des composants de la menuiserie elle-même : les profils, le vitrage et l’ensemble des matériaux qui constituent la fenêtre. Le deuxième pilier est l’étanchéité à l’air, essentielle pour éviter les déperditions de chaleur. Enfin, le troisième élément est la gestion des apports solaires. On l’oublie souvent, mais une bonne fenêtre doit aussi permettre de profiter intelligemment de la chaleur du soleil.


C’est pourquoi le choix entre double ou triple vitrage n’est pas systématiquement évident : tout dépend du projet. Pour le consommateur, l’indicateur clé reste le coefficient Uw, qui mesure la performance thermique de l’ensemble de la fenêtre.


Entre PVC, aluminium, bois ou bois-aluminium, comment déterminer le matériau le plus adapté pour un projet de rénovation ou de construction ?


Lorsqu’on parle de matériaux pour les menuiseries, il faut d’abord mettre une chose au clair : l’esthétique relève du désir, pas du besoin. Les goûts et les couleurs sont subjectifs. Si l’on raisonne uniquement en termes de performance et d’efficacité énergétique, le premier critère doit toujours être le contexte du bâtiment.


Chez Pierret, nous travaillons les quatre matériaux - PVC, aluminium, bois et bois aluminium - précisément parce qu’il n’existe pas de solution universelle. Notre métier consiste à analyser les contraintes d’un projet, un peu comme un médecin qui pose un diagnostic avant de prescrire un traitement. La taille des ouvertures, l’épaisseur des murs, l’exposition au soleil ou encore le poids des vitrages vont orienter le choix.


Le PVC offre par exemple un excellent rapport isolation-prix pour des fenêtres standard. L’aluminium est plus adapté aux grandes baies vitrées ou aux architectures contemporaines. Quant au bois ou au bois-aluminium, ils répondent davantage à des attentes spécifiques d’esthétique ou de patrimoine. Chaque maison appelle donc une réponse différente.


Comment Pierret s’adapte-t-elle aux contraintes locales en France - notamment patrimoniales et urbanistiques - tout en garantissant performance énergétique et durabilité ?


Le premier réflexe, pour un particulier comme pour un professionnel, c’est de consulter un installateur-revendeur. Pourquoi ? Parce que c’est lui qui connaît la réalité locale : le climat, les habitudes de rénovation, mais aussi les règles urbanistiques propres à chaque commune ou département. Nous pouvons apporter des solutions industrielles très abouties, issues d’un marché particulièrement exigeant comme le Luxembourg, où les standards combinent souvent le meilleur des exigences allemandes et belges. Mais, en France, le contexte change d’une ville à l’autre : Lille n’est pas Bordeaux, Strasbourg n’est pas Lyon, et Paris impose encore d’autres contraintes.


C’est justement pour répondre à cette diversité que nous travaillons étroitement avec notre réseau de partenaires et, lorsque c’est nécessaire, avec les Architectes des Bâtiments de France. Avec eux, nous avons conçu une ligne “patrimoine” capable de respecter l’esthétique des zones protégées, tout en intégrant des performances thermiques, une bonne étanchéité et notre garantie totale 20 ans sur l’ensemble des composants de la fenêtre.


Pourquoi Pierret a-t-elle fait le choix de s’appuyer sur un réseau de partenaires indépendants plutôt que sur un modèle de franchise plus classique ?


Nous n’avons pas choisi le modèle de la franchise, et ce choix repose avant tout sur une conviction humaine et stratégique. Notre métier est profondément lié aux territoires. Le marché français est extrêmement divers : Bordeaux n’est pas Strasbourg, Lille n’est pas Lyon, et chaque région possède ses propres réalités climatiques, architecturales et commerciales. Imposer un modèle uniforme serait donc, selon nous, une erreur d’analyse.


Nous avons préféré construire un réseau de partenaires indépendants avec lesquels nous travaillons dans une logique d’échange et de progression mutuelle. Nous leur apportons notre savoir-faire industriel, nos produits et notre accompagnement, y compris sur des sujets comme le marketing ou le développement de leur activité. De leur côté, ils nous permettent de mieux comprendre les spécificités de leur territoire.


Nous sommes convaincus que l’avenir passe par ce modèle collaboratif : soutenir des entrepreneurs locaux, les aider à grandir et construire ensemble une relation durable, fondée sur la confiance, l’écoute et des valeurs communes.


Pourquoi Pierret a-t-elle décidé d’investir massivement dans une nouvelle usine PVC et comment cet investissement s’inscrit-il dans votre vision du marché à long terme ?


Notre stratégie repose sur une vision à long terme du marché. Nous analysons plusieurs facteurs : l’évolution de la demande, les transformations industrielles et les attentes croissantes des consommateurs. La France est un marché très divers, avec des besoins variés, ce qui explique notre choix de travailler les quatre matériaux. Mais nous anticipons aussi une concentration du secteur. Beaucoup de petites structures qui fabriquent ou assemblent des menuiseries, notamment en PVC, vont progressivement disparaître. Si nous ne franchissions pas un cap industriel, nous risquerions nous-mêmes d’être dépassés.


C’est tout le sens de notre nouvelle usine PVC. L’objectif est clair : être capable de doubler notre production d’ici 2035 pour répondre à la demande future. Les consommateurs sont aujourd’hui beaucoup plus informés, et avec les outils numériques et l’intelligence artificielle, ils compareront encore davantage les produits. Nous avons donc choisi un positionnement exigeant : proposer une qualité proche du premium, mais à un prix accessible grâce à une optimisation industrielle.


 
 
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