Du bon de livraison au flux de données fiables
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Dernière mise à jour : il y a 37 minutes
Le papier ralentit encore le transport, tandis que la traçabilité et la conformité numérique s’imposent partout en Europe. Comment digitaliser sans complexifier l’exploitation, ni créer de silos ? Avec son approche eCMR centrée sur l’interopérabilité, la sécurité des échanges et l’adoption terrain, TransFollow veut faire de cette transition un gain opérationnel. David Champalle, responsable commercial France, précise la méthode et la vision.
Informations Entreprise : La digitalisation du transport routier s’accélère en Europe. Quelles sont aujourd’hui les principales pressions qui poussent le secteur à abandonner le papier ?
David Champalle (Responsable Commercial France de TransFollow) : Le transport routier européen est soumis à une double pression. D’un côté, les exigences réglementaires et les initiatives européennes encouragent la dématérialisation des documents de transport. De l’autre, les chargeurs et les prestataires logistiques exigent davantage de visibilité, de fiabilité et de rapidité dans les opérations. Le papier freine ces objectifs : il génère des délais, des erreurs de saisie, des litiges et ralentit la facturation.
Dans un environnement où la performance opérationnelle et la traçabilité deviennent critiques, il devient indispensable de pouvoir partager des données fiables en temps réel entre tous les acteurs de la chaîne logistique. La digitalisation permet justement d’unifier les flux d’informations, d’améliorer la transparence et de sécuriser les échanges. Elle ne répond pas seulement à une contrainte réglementaire : elle constitue désormais un levier stratégique pour améliorer la compétitivité et la qualité de service dans l’ensemble de la supply chain.
On parle beaucoup de dématérialisation, mais la distinction entre numérisation et digitalisation reste floue. Pourquoi cette nuance est-elle essentielle pour les acteurs du transport ?
La digitalisation consiste à transformer les processus des opérations de transport en processus nativement digitaux, et des solutions comme TransFollow facilitent cette transition. La confusion est fréquente, mais elle est fondamentale. Numériser consiste simplement à scanner un document papier ou à capturer une signature sous forme d’image. Digitaliser, en revanche, consiste à créer et faire vivre la donnée à travers un document nativement numérique, structuré et juridiquement conforme, pouvant être partagé, analysé et exploité en temps réel.
Dans le cas de la lettre de voiture électronique ou de la eCMR, cette différence est déterminante. Une photo ou un PDF ne garantit ni l’intégrité des données, ni la conformité réglementaire, ni l’interopérabilité entre systèmes. Un eCMR véritablement digital permet d’échanger des données sécurisées, d’assurer leur traçabilité et de les intégrer directement dans les systèmes d’information existant des partenaires. C’est cette capacité d’échange et d’exploitation des données qui crée de la valeur. La digitalisation ne consiste donc pas à reproduire le papier à l’écran, mais à transformer le document en un flux d’information fiable et exploitable.
Concrètement, quels bénéfices opérationnels les entreprises peuvent-elles attendre de la lettre de voiture électronique et de l’échange de données en temps réel ?
L’eCMR apporte des bénéfices immédiats et mesurables. En supprimant le papier, les entreprises réduisent les erreurs de saisie et les litiges liés aux preuves de livraison. La signature électronique et la disponibilité instantanée des documents accélèrent les processus administratifs et la facturation. Par ailleurs, l’accès en temps réel aux informations de transport améliore la visibilité pour tous les acteurs, du chargeur au destinataire en passant par le transporteur et même les sous-traitants des sous-traitants.
Cette transparence permet d’anticiper les anomalies, de mieux gérer les retards et d’améliorer la qualité de service. L’échange sécurisé des données renforce également la collaboration entre partenaires logistiques et simplifie les audits ou contrôles. Enfin, la digitalisation contribue à améliorer la performance globale des opérations en réduisant les tâches manuelles et en fluidifiant les flux d’information. L’eCMR devient ainsi un outil opérationnel au service de la productivité, de la fiabilité et de la satisfaction client.

L’un des freins majeurs à la digitalisation reste l’intégration avec les systèmes existants. Comment une plateforme comme TransFollow répond-elle à cet enjeu ?
L’interopérabilité est un facteur clé de succès. Les entreprises disposent déjà d’outils métiers - TMS, ERP, WMS ou systèmes de gestion des transports - et la digitalisation ne doit pas créer de silos supplémentaires. La plateforme TransFollow a été conçue pour s’intégrer nativement dans les environnements existants grâce à des API et des connecteurs permettant l’échange automatisé de données dans un environnement informatique hétérogène et fragmenté. Cette approche garantit une transparence sans précédent, de la continuité des processus et évite les doubles saisies.

Elle permet également aux différents acteurs d’échanger des informations de manière sécurisée, même s’ils utilisent des systèmes différents. L’objectif est de créer un écosystème connecté où les documents et les données circulent de manière fluide entre les parties prenantes. Cette interopérabilité facilite l’adoption et maximise la valeur opérationnelle, car la digitalisation s’inscrit dans les processus existants plutôt que de les complexifier.
L’adoption par les conducteurs et les équipes terrain est souvent un défi. Comment faciliter l’usage des solutions digitales dans un environnement opérationnel exigeant ?
La réussite d’un projet de digitalisation repose avant tout sur son adoption par le terrain. Les chauffeurs doivent pouvoir utiliser les outils de manière simple, sans complexité technique ni formation lourde. C’est dans cette logique que nous avons développé des solutions adaptées aux flottes propres comme sous-traitées, permettant d’échanger des missions de transport, des informations et des documents via l’application métier TransFollow Drive, ou directement à travers des applications de messagerie courantes telles que WhatsApp, Telegram ou Viber. Ces solutions constituent de véritables briques fonctionnelles, totalement intégrées aux systèmes en place. TransFollow Messenger est une solution unique et particulièrement innovante, qui apporte une réponse inédite à des opérations où la digitalisation et la visibilité en temps réel étaient jusqu’ici très difficiles, voire impossibles à mettre en oeuvre. Elle s’appuie sur des outils déjà utilisés quotidiennement par les conducteurs : Whatapps, Telegram et Viber. Les missions et leurs documents associés peuvent être envoyés, signés et validés directement depuis leur messagerie préférée, tout en garantissant conformité juridique et sécurité. Cette simplicité d’usage favorise une adoption rapide et limite les résistances au changement. Parallèlement, l’ensemble des parties prenantes bénéficient d’une visibilité complète sur l’ensemble de leurs opérations, qu’elles soient réalisées en propre ou sous-traitées. L’objectif est d’intégrer la digitalisation dans les pratiques existantes, sans les bouleverser.
À l’heure où les normes européennes évoluent et où l’eFTI se profile, quelles sont les priorités et la vision de TransFollow pour les années à venir ?

L’évolution du cadre réglementaire européen confirme que la digitalisation des documents de transport va devenir la norme, comme c’est déjà le cas en Espagne avec pour échéance le 5 Octobre 2026. Avec l’arrivée de eFTI en 2027 qui vise à faciliter l’échange électronique d’informations entre les opérateurs et les autorités, ce qui renforcera la transparence et l’efficacité du transport transfrontalier. Notre priorité est d’accompagner cette transition en garantissant la conformité, la sécurité et l’interopérabilité des échanges de données.

Nous poursuivons le développement de notre plateforme et de nos partenariats pour répondre aux exigences futures et faciliter l’adoption à l’échelle européenne. Plus largement, notre mission est de contribuer à une supply chain plus connectée, plus fiable et plus collaborative, où les données circulent en temps réel entre tous les acteurs. La digitalisation ne se limite pas à remplacer le papier : elle constitue un socle pour améliorer durablement la performance et la résilience du transport et de la logistique en Europe de manière simple.



