Le stock, ce trésor inexploité

Les stocks sont devenus un enjeu stratégique pour les entreprises. Pourtant, ils restent largement sous-exploités comme levier de financement. Fort de 50 ans d’expertise, Auxiga accompagne entreprises et banques pour transformer cet actif en moteur de croissance.
Informations Entreprise : Comment l’incertitude économique actuelle impacte-t-elle les besoins de financement et la gestion des stocks des entreprises ?
Arben Bora (Président du groupe Auxiga) : Nous évoluons aujourd’hui dans un environnement économique marqué par une forte incertitude. Cette situation crée une forme de prudence à la fois chez les entreprises et chez les financeurs. Les dirigeants s’interrogent sur leurs investissements et leurs besoins de financement, tandis que les établissements financiers renforcent leur analyse du risque et se montrent plus exigeants avant d’accorder de nouveaux concours.

Géraud de Lacombe (Directeur commercial et marketing Auxiga) : Parallèlement, les entreprises doivent faire face à des chaînes d’approvisionnement de plus en plus instables. Les crises successives, du Covid aux tensions géopolitiques et commerciales, ont montré à quel point les ruptures d’approvisionnement pouvaient fragiliser l’activité. Pour sécuriser leur production ou leur capacité à répondre à la demande, beaucoup choisissent désormais d’augmenter leurs niveaux de stocks.
Cette stratégie est devenue un enjeu de compétitivité, mais elle génère également des besoins de financement supplémentaires, dans un contexte où l’accès au crédit est plus sélectif.
Pourquoi les stocks demeurent-ils aujourd’hui un actif encore largement sous-exploité dans les stratégies de financement des entreprises ?
Arben Bora : Pendant longtemps, les entreprises ont été encouragées à réduire leurs stocks au minimum. Les modèles de gestion les plus répandus valorisaient le flux tendu et considéraient le stock comme un coût plutôt que comme un actif stratégique. Cette vision reste encore très ancrée chez de nombreux dirigeants et directeurs financiers.
Pourtant, les réalités économiques ont évolué. Entre les tensions sur les approvisionnements, les aléas géopolitiques et la nécessité de sécuriser l’activité, de plus en plus d’entreprises maintiennent des niveaux de stocks plus élevés qu’auparavant. Malgré cela, ces actifs restent largement sous-exploités dans les stratégies de financement.
Notre rôle consiste justement à faire évoluer les mentalités et à montrer que le stock peut devenir un véritable levier financier. Comme l’affacturage s’est progressivement imposé comme une solution courante de financement, nous sommes convaincus que le financement adossé aux stocks est appelé à se démocratiser et à prendre une place croissante dans les années à venir.
Dans quelles situations concrètes une entreprise peut-elle utiliser ses stocks pour obtenir des financements bancaires supplémentaires ?
Arben Bora : Dans la vie d’une entreprise, il arrive fréquemment un moment où les financements classiques ne suffisent plus. Après avoir bénéficié d’un découvert bancaire puis de financements non garantis, les besoins augmentent souvent avec la croissance, les
investissements ou le développement de l’activité. Les banques sont alors prêtes à accompagner l’entreprise, mais elles demandent généralement des garanties complémentaires pour sécuriser leur engagement.
Parmi les solutions disponibles, le stock constitue une garantie particulièrement pertinente. Contrairement à une caution personnelle du dirigeant ou à d’autres mécanismes qui peuvent engager le patrimoine privé, le stock est un actif déjà présent dans l’entreprise. Il peut être mobilisé pour renforcer la confiance du financeur tout en restant au service de l’exploitation.

L’enjeu n’est donc pas de financer les premiers besoins de l’entreprise, mais de lui permettre d’accéder à des capacités de financement supplémentaires lorsqu’elle atteint une nouvelle étape de son développement.
Comment Auxiga parvient-elle à rassurer les banques tout en permettant aux entreprises de continuer à exploiter librement leurs stocks ?
Géraud de Lacombe : Notre rôle est avant tout celui d’un tiers de confiance entre l’entreprise et son financeur. L’objectif n’est pas de bloquer les stocks ni de contraindre l’activité. Au contraire, l’entreprise continue à utiliser, vendre ou transformer ses stocks normalement. Notre mission consiste à vérifier régulièrement leur existence, leur valorisation comptable et leur éligibilité afin de sécuriser la garantie accordée à la banque.
Pour cela, nous combinons déclarations périodiques, analyses documentaires et contrôles physiques sur site. Cette approche permet d’apporter une information fiable et indépendante aux établissements financiers tout en préservant les intérêts de l’entreprise.
Nous jouons également un rôle de facilitateur. Les banques ne connaissent pas toujours les réalités opérationnelles des entreprises, tandis que les entreprises ne maîtrisent pas= nécessairement les exigences liées aux garanties financières. Nous faisons le lien entre ces deux univers afin de construire une solution équilibrée, qui maximise les capacités de financement tout en garantissant un niveau de sécurité adapté pour le financeur.
Quels sont les principaux facteurs qui expliquent la position de référence d’Auxiga sur le marché de la garantie sur stock ?
Géraud de Lacombe : Notre position de leader repose d’abord sur une expérience unique. Cela fait plus de 50 ans que nous développons la garantie sur stock en France et, pendant plusieurs décennies, nous avons été les seuls acteurs de ce marché. Cette ancienneté nous a permis d’accompagner les banques dans l’appropriation de cet outil et de construire une expertise reconnue par l’ensemble de l’écosystème financier.
Cette expertise est à la fois juridique et opérationnelle. Nos équipes ont développé un savoir-faire très concret sur des typologies de stocks extrêmement variées, ce qui nous permet d’adapter les dispositifs aux réalités de chaque entreprise. Cette légitimité a notamment conduit nos juristes à participer, aux côtés des principales banques françaises, à l’élaboration de référentiels et de contrats de référence pour la profession. Nous appliquons également des standards de contrôle reconnus dans le secteur bancaire et financier, comme la règle des quatre yeux, pour renforcer la fiabilité de nos interventions.
Dans un univers où la confiance est essentielle, notre histoire, notre rigueur et notre capacité à fédérer les acteurs du marché constituent des atouts majeurs.
Comment voyez-vous évoluer le financement adossé aux stocks dans les prochaines années, entre évolutions réglementaires, digitalisation et intelligence artificielle ?
Arben Bora : L’avenir du financement adossé aux stocks repose sur deux piliers : la sécurité juridique et l’innovation technologique. Sur le plan réglementaire, la réforme récente du droit des sûretés a permis de consolider un cadre clair et sécurisant pour les financeurs. Nous disposons aujourd’hui d’un environnement juridique stable qui favorise le développement de ces solutions de financement.
Géraud de Lacombe : Parallèlement, la digitalisation transforme profondément nos pratiques. Les échanges documentaires, les déclarations, les signatures et le suivi des dossiers sont désormais largement dématérialisés, ce qui accélère les processus et facilite la prise de décision. Demain, l’exploitation des données et l’intelligence artificielle ouvriront de nouvelles perspectives, notamment pour mieux analyser les tendances sectorielles ou anticiper certaines évolutions économiques.
Pour autant, la technologie ne remplacera pas l’essentiel : la confiance. Dans notre métier, la vérification physique des stocks reste fondamentale. Le regard d’un expert sur le terrain demeure un élément clé pour garantir la fiabilité de l’information et sécuriser les financements.



