Orchestrer la complexité pour libérer la valeur de l'IA

L’IA promet des gains considérables, mais son déploiement soulève des défis inédits degouvernance, de cybersécurité et de maîtrise des coûts. Dans cet environnement de plus en plus complexe, SoftwareOne entend accompagner les entreprises en conciliant innovation, performance et contrôle pour faire de la technologie un levier de création de valeur.
Informations Entreprise : Selon vous, quels sont les principaux défis auxquels les entreprises et les DSI doivent faire face dans un environnement technologique en constante évolution ?
Gwenaël Pasquet (Directeur Général, SoftwareOne France) : Le principal défi est la complexité. Aux enjeux technologiques liés au cloud, à l’intelligence artificielle ou à la cybersécurité s’ajoutent des problématiques managériales, financières et réglementaires qui compliquent les décisions. La technologie progresse à un rythme inédit, mais cette accélération réduit la visibilité sur les usages et la valeur réellement créée.
Nous constatons l’émergence du « shadow AI », qui pose des questions de sécurité, de maîtrise des coûts et de productivité. Alors que près de 90 % des entreprises utilisent déjà l’IA1, moins d’un tiers l’a déployée à grande échelle. Les DSI doivent donc trouver un équilibre : reprendre le contrôle des usages sans freiner l’innovation, tout en conciliant planification, performance et agilité.
Dans un marché où interviennent de nombreux acteurs du conseil et des services IT, qu’est-ce qui différencie SoftwareOne dans l’accompagnement des entreprises ?
Notre singularité repose sur une approche globale des problématiques IT. Là où certains acteurs interviennent uniquement sur la stratégie ou l’exécution technique, nous faisons le lien entre ces deux univers. Nous relions stratégie et enjeux opérationnels : modèles d’achat, gestion des licences, cloud, FinOps ou cybersécurité.
Nous accompagnons les entreprises dans leurs arbitrages pour prioriser les projets, planifier leur transformation et garantir la création de valeur. Cette approche transforme les orientations théoriques en actions concrètes. Notre positionnement agnostique, fondé sur une collaboration avec 7 500 éditeurs de logiciels, nous permet de conseiller nos clients en toute indépendance sur l’ensemble de leur parcours de transformation.
Quels sont, selon vous, les indicateurs les plus pertinents pour mesurer le succès et le retour sur investissement des projets d’intelligence artificielle en entreprise ?
Pour évaluer un déploiement d’IA, les entreprises doivent mesurer deux dimensions : la création de valeur et la maîtrise du risque. Le taux d’activation des licences est utile, mais insuffisant. Il faut déterminer quels cas d’usage ont été définis, dans quels métiers ils sont déployés et dans quelle mesure ils répondent aux objectifs de l’entreprise.

Il faut aussi mesurer les gains de productivité : réduction des délais, temps gagné par les équipes et capacité à réinvestir ce temps dans des activités à plus forte valeur ajoutée.
Une analyse rigoureuse doit vérifier que les coûts de licences et de consommation restent cohérents avec les bénéfices obtenus. Enfin, la gouvernance et la sécurité doivent être suivies en permanence afin de maîtriser les données, les usages et les accès.
Comment le rapprochement entre SoftwareOne et Crayon, ainsi que votre partenariat avec Microsoft, renforcent-ils votre capacité à accompagner les entreprises dans leurs projets de transformation numérique ?
Le rapprochement entre SoftwareOne et Crayon marque une étape majeure : il nous permet d’investir davantage et plus rapidement alors que les cycles technologiques s’accélèrent. Il renforce notre capacité à accompagner les entreprises sur l’ensemble de leur parcours de transformation numérique.
Notre partenariat avec Microsoft est également essentiel. Il permet d’intervenir sur le cloud, l’intelligence artificielle, la donnée, la cybersécurité, la gouvernance et la collaboration. Notre valeur ajoutée ne tient pas seulement à la maîtrise de cet écosystème, mais à notre capacité à l’orchestrer selon les besoins de chaque client.

L’expertise combinée de SoftwareOne, de Crayon et d’un vaste réseau de partenaires nous permet de gérer des projets de plus en plus complexes et de transformer les investissements technologiques en résultats concrets, mesurables et durables.
Face à l’industrialisation des cybermenaces dopées à l’IA, notamment le phishing de masse, quelles barrières technologiques et humaines SoftwareOne déploie-t-il chez ses clients ?
L’intelligence artificielle change l’échelle des cybermenaces. Elle permet aux attaquants de produire des campagnes plus crédibles, personnalisées, rapides et difficiles à détecter. Deepfakes, usurpations de voix et messages générés par IA rendent les signaux d’alerte traditionnels moins efficaces.
Nous préconisons une approche globale fondée sur trois piliers. Le premier est technologique : renforcement des identités, authentification forte, modèles Zero Trust, protection des données et outils avancés de détection. Le deuxième est organisationnel, avec des règles claires sur les usages autorisés, la gouvernance des données et les processus de validation. Le troisième est humain : la sensibilisation et la formation des collaborateurs restent essentielles. La cybersécurité ne peut plus être traitée après coup ; elle doit être intégrée dès la conception des projets IA et cloud.
Dans le débat entre cloud public, cloud privé et cloud souverain, quelle approche vous semble la plus pertinente pour les entreprises ?
À nos yeux, il n’existe pas de modèle cloud universel qui conviendrait à toutes les entreprises et à tous les usages. L’enjeu est d’arbitrer selon les workloads, la sensibilité des données, les contraintes réglementaires et le niveau de risque. Les applications qui exigent puissance de calcul, flexibilité et passage à l’échelle se prêtent particulièrement au cloud public.
À l’inverse, des environnements privés, souverains ou de confiance peuvent mieux convenir aux données stratégiques ou fortement réglementées. C’est pourquoi nous observons une montée en puissance des architectures hybrides et multicloud, qui permettent de concilier performance, sécurité, souveraineté et innovation. Nous accompagnons les entreprises dans ces choix en intégrant les coûts, la résilience, l’interopérabilité et les exigences règlementaires. Le cloud doit répondre à un besoin précis, jamais à une logique dogmatique.
Comment voyez-vous évoluer le rôle des partenaires technologiques dans les trois à cinq prochaines années, alors que les entreprises doivent gérer une complexité numérique toujours plus importante ?
L’accélération des innovations technologiques continuera de transformer profondément les entreprises. Leur principal besoin ne sera plus seulement de trouver des intégrateurs ou des fournisseurs, mais des partenaires capables d’orchestrer durablement une complexité croissante.
Ces partenaires devront maîtriser la technologie, mais aussi les enjeux financiers, la cybersécurité, la conformité et les réalités métiers. L’objectif sera d’aider les entreprises à identifier les bons cas d’usage, à gouverner leurs données, à maîtriser leurs coûts et à accompagner leurs collaborateurs dans cette transformation. SoftwareOne entend intervenir de bout en bout, de la définition de la stratégie à l’adoption des technologies, leur sécurisation, leur gouvernance et leur optimisation financière.



